Strasbourg: L'accessibilité, c'est pas pour demain

HANDICAP Le palmarès des trophées de l'accessibilité des régions a été dévoilé à Strasbourg ce lundi matin. Une occasion pour revenir sur la loi sur l'accessibilité loi à la veille de ses dix ans...

Gilles Varela
— 
Opération en faveur des personnes handicapées à l'université. L'école de management de Strasbourg met à l'épreuve ses étudiants valides sur des parcours en fauteuil roulant.
Opération en faveur des personnes handicapées à l'université. L'école de management de Strasbourg met à l'épreuve ses étudiants valides sur des parcours en fauteuil roulant. — G. VARELA / 20 MINUTES

Des nommés, des catégories, des personnalités. Un vrai festival et de réelles interrogations qui subsistent... Le palmarès des nommés aux trophées de l'accessibilité 2015 était dévoilé ce lundi matin au Conseil général du Bas-Rhin, qui accueillait cette cinquième édition. Mais au-delà du palmarès, où l'Alsace n'est pas une seule fois nommée et ne reçoit qu'un prix «d'honneur», les pensées étaient ailleurs, à peine voilées dans les discours de certains intervenants qui trouvent dans l'ordonnance du 25 septembre 2014 sur l'accessibilité une «régression».

A la veille de la date anniversaire de la loi du 11 février 2005, pour l'égalité des droits des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, l'ordonnance remettrait en cause les objectifs d’accessibilité qui avaient été fixés par la loi de 2005.

L'agenda d'accessibilité programmée

En créant l’agenda d’accessibilité programmée (Ad’AP) qui donne des délais supplémentaires de trois à neuf ans pour la mise en accessibilité des équipements, (selon leur nature), l'ordonnance de septembre «est une régression», a souligné dans son discours, Jacques Saury, administrateur de l'association des paralysés de France. Et si la déléguée ministérielle à l'accessibilité, Marie Prost Coletta , venue pour l'occasion, a expliqué que cela donnait plus de temps aux gens de s'organiser, pour Xavier Gallin, président de l'association «Accès pour tous», fondateur et organisateur des trophées de l'accessibilité, reconnaît que «c'est un retour en arrière, que les choses ont traîné pendant dix années, que les calendriers de l'accessibilité auraient pu être décidés bien avant et que c'est la peur du juge, en 2015, qui est à l'origine des nouvelles dispositions».

Le handicap, un atout de développement

Et même si les trophées sont là pour valoriser et faire connaître les initiatives prises par la société et que le handicap n'est «pas une contrainte mais bien un atout de développement», comme l'a précisé Frédéric Bierry , vice président du Conseil départemental du Bas-Rhin, «C'est l'application des décrets, leurs mises en œuvre, le manque de formation et de compréhension qui explique que seul 40% des diagnostics d'accessibilité qui ont été réalisés., regrette Xavier Gallin . Et puis comment expliqué à un petit commerçant qu'il a trois ans pour se mettre en conformité alors que les travaux impliquent bien souvent la voirie qui elle a six pour se mettre en conformité?».

En attendant , marche après marche, le long chemin de l'accessibilité est parcouru, avec une belle étape, celle de la cérémonie de remise des trophées 2015 le 19 mai à Paris.