Mulhouse: Retard des écoliers qui font la prière, le maire Jean Rottner s'explique sur les propos de Nathalie Kosciusko-Morizet

EDUCATION Le maire de Mulhouse (UMP), Jean Rottner, s'inquiète du fait que certains parents amènent leurs enfants en retard à l’école le matin pour respecter les horaires de leurs prières...

G.V. avec AFP

— 

Un enfant dans une école élémentaire. (Illustration)
Un enfant dans une école élémentaire. (Illustration) — A. GELEBART / 20 MINUTES

Le maire UMP de Mulhouse, Jean Rottner, est préoccupé par le fait que certains parents amènent leurs enfants en retard à l'école le matin pour respecter les horaires de leurs prières, a-t-il dit lundi à l'AFP.

Sur BFM-TV lundi, Nathalie Kosciusko-Morizet avait cité M. Rottner, indiquant qu'il lui avait rapporté que dans sa ville « des dizaines d'enfants » arrivaient «tous les jours en retard parce qu'ils sont à la prière, ils sont emmenés à la prière par leurs parents».

M. Rottner a confirmé les propos que lui avait prêtés la numéro deux de l'UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet. Toutefois, il les a minimisés alors qu'il était invité du JT de France 3 Alsace, mardi midi. «Les propos de Nathalie Kosciusko-Morizet vont bien au-delà de ce que j'ai pu émettre comme avis, a déclaré le maire de Mulhouse. Je citais l'exemple de quelques situations isolées mais régulières. Je regrette cette polémique.»

 

«Il m'a été rapporté qu'à certaines occasions, des parents amenaient leurs enfants en retard à l'école, arguant que le temps de prière pour eux était prioritaire, et que l'enfant était amené par la suite à l'école, entre autres le vendredi».

Jean Rottner a également relevé la difficulté de «voir des enfants déscolarisés de la mi-juin jusqu'à début octobre, car en partant en vacances au pays, les familles sortent leurs enfants du système». Dans le journal de la mi-journée de France 3 Alsace, le maire de Mulhouse a estimé que ces absences étaient «plus préoccupantes».

«J'ai aussi des demandes de sortie de l'école publique pour motif religieux», a-t-il ajouté, estimant que son rôle en tant qu'élu était de « mettre aujourd'hui ces sujets sur la table ». Et leurs parents, quand ils sont convoqués, «expliquent qu'il y a des autorités religieuses supérieures », prévalant notamment sur «celles de la République», avait-elle ajouté, estimant qu'il fallait se poser la question du placement de ces enfants.

M. Rottner, interrogé par l'AFP sur le nombre de cas de ce type qui lui sont rapportés, n'a pas souhaité donner de chiffres. «La question, ce n'est pas combien d'enfants, combien d'écoles, la question c'est: les règles de la République sont-elles respectées?», a-t-il estimé.

«Loin de toute polémique, ni de la part de NKM ni de moi-même, notre responsabilité, c'est de trouver des solutions, pas de fermer les yeux», a-t-il ajouté. «Je ne stigmatise pas les uns ou les autres, je parle du fait religieux. On peut être catholique, juif, protestant, de toute confession, et être dans cette démarche-là», a-t-il précisé.

Sur Twitter, la secrétaire d'Etat aux personnes âgées, Laurence Rossignol, s'est dite «très choquée par le fatras de #NKM», notamment sur la question des prières. «Tous ces sujets exigent d'abord du sérieux», a-t-elle lancé.