Le tour d'honneur du triple sauteur strasbourgeois Benjamin Compaoré après sa victoire aux championnats d'Europe à Zurich, le août 2014.
Le tour d'honneur du triple sauteur strasbourgeois Benjamin Compaoré après sa victoire aux championnats d'Europe à Zurich, le août 2014. — Matt Dunham / AP / SIPA

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Athlétisme: Champion d'Europe en 2014, le triple sauteur Benjamin Compaoré est attendu au rebond cette année

Champion d'Europe 2014, Benjamin Compaoré dispute son premier meeting de l'année à Mondeville, le 7 février. Mais sa rentrée, le Strasbourgeois est contraint de ne pas la faire en triple saut...

Benjamin Compaoré fait sa rentrée. Le champion d'Europe 2014, qui participe à son premier meeting de l'année, à Mondeville le 7 février, en dit plus à «20 Minutes» sur ses objectifs.

Benjamin, dans quelles dispositions êtes-vous avant votre retour à la compétition?
Très bien. Je me sens au meilleur de ma forme. Comme jamais auparavant à cette période. Je me sens mieux que cet été. On n'avance pas avec un plan de forme établi au préalable mais là, je me sens très bien pour un mois de janvier et dans l'absolu.

>> Le triple saut à 17,46 m de Benjamin Compaoré aux championnats d'Europe 2014 à Zurich.

Aucun souci physique? Rien?
Il y a toujours de petits pépins. Mais rien de majeur, rien qui m'empêche de m'entraîner quotidiennement, qui perturbe mes séances. J'ai de petites douleurs à la cheville qui a été opérée en octobre 2013. Mais elles sont beaucoup moins fortes que cet été.

Pourquoi reprenez-vous par un concours à la longueur et non de triple saut?
En France, en salle, il n'y a pas de meeting avec du triple saut. C'est difficilement compréhensible alors que nous avons un champion du monde [Teddy Tamgho] et un champion d'Europe [lui]. Je m'aligne sur de la longueur à Mondeville pour reprendre le tempo de la compétition. Je n'aurai qu'un concours de triple saut lors des championnats de France. Là, je devrais réaliser les minima [16,70 m] pour me qualifier pour les championnats d'Europe en salle [à Prague du 6 au 8 mars]. Ils ne sont pas particulièrement difficiles mais je dois les réaliser sur un concours sans un concours avant... Depuis quelques saisons, le triple saut en salle est un peu la discipline pauvre. Or c'est celle qui réussit le mieux, la France est numéro 1 mondial. Pourquoi nous boude-t-on?

>> La leçon de triple saut de Benjamin Compaoré.

Depuis votre titre européen cet été, avez-vous l'impression d'être plus attendu?
Oui. Le milieu spécialisé de l'athlétisme m'attendait depuis quelques années [champion du monde junior 2006]. Le «grand public» me découvre d'autant qu'il m'a apprécié à Zurich. On attend de moi de nouveaux «exploits».

Quels sont vos objectifs de l'année 2015?
Les championnats d'Europe en salle à Prague et les championnats du monde à Pékin [en août]. J'ambitionne aussi de gagner la race (classement final) de la Diamond League en triple saut [Compaoré a remporté les concours de Bruxelles en 2011, de New York en 2013, de Paris en 2014].

Savez-vous dans combien de jours débutent les Jeux olympiques de Rio?
Non, ça ne m'intéresse pas [550, ce lundi]. Les Jeux sont un objectif mais je ne fonctionne pas avec des cycles de quatre ans. Chaque saison est différente. Zurich ne m'a pas servi à préparer Pékin ou Rio. Pour moi, les championnats du monde et les JO ont la même dimension, le même niveau. C'est quasi le cas aussi médiatiquement. J'ai participé aux Mondiaux à Daegu, aux Jeux de Londres et ces derniers avaient peut-être été plus simples à gérer car ils se disputaient juste à côté. Je prépare une saison, pas une olympiade. Ça sous-entendrait qu'un échec aux championnats du monde ou aux championnats d'Europe, ce n'est pas grave car l'objectif, ce sont les Jeux. Non. Chaque championnat est l'objectif de ma saison.