Apologie du terrorisme: Le trentenaire strasbourgeois condamné à six mois de prison sans maintien en détention

JUSTICE Jugé pour apologie du terrorisme après l'attentat contre la rédaction de «Charlie Hebdo», un Strasbourgeois de 30 ans a été condamné à six mois de prison. Le procureur demandait douze mois ferme...  

Floréal Hernandez

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Strasbourg le 12 janvier 2014. - Michael Wacquez, l'avocat de la défense.
Strasbourg le 12 janvier 2014. - Michael Wacquez, l'avocat de la défense. — G. Varela \ 20 Minutes

«Un avertissement très sérieux.» Voici ce qu'a donné le juge du tribunal correctionnel de Strasbourg à Omar Bozarhoun en le condamnant à six moins d'emprisonnement sans maintien en détention.

Ce Strasbourgeois de 30 ans a été reconnu coupable d'apologie du terrorisme après avoir posté sur Facebook une photo où un fusil d'assaut et des balles étaient accompagnés d'un mot manuscrit «Bons baisers de Syrie. Bye bye Charlie» après l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo.

«Un musulman modéré»

Maître Michaël Wacquez se félicite que son client sorte de détention. Il rappelle qu'il était à «l'isolement depuis quinze jours», et qu'il «n'était pas l'auteur de la photo». Omar Bozarhoun a répété devant le tribunal: «Je suis désolé si j'ai choqué, heurté quelqu'un. Ce n'était pas mon intention.»

Tout au long de l'audience, cet habitant du Neuhof, père de deux enfants et chauffeur poids lourd, a nié toute «apologie du terrorisme» dans la photo qu'il avait pu poster ou les commentaires qui figuraient sur son mur Facebook. «Je suis un musulman modéré. Je sors en boîte, je vais dans les bars à chicha. Je fais du sport avec des femmes», égrène le trentenaire strasbourgeois.

Convoquer par un juge pour aménager sa peine

Le procureur demandait douze mois de prison ferme avec maintien en détention contre Omar Bozarhoun, rappelant son casier judiciaire chargé. Le représentant du ministère public estimait que «l'infraction était caractérisée. Le prévenu invoque la liberté d'expression alors que l'attentat [contre Charlie Hebdo] visait la liberté d'expression.»

Condamné à six mois de prison sans maintien du mandat de dépôt, Omar Bozarhoun va maintenant être convoqué par le juge d'application des peines pour aménager la sienne.