Strasbourg: «Le service public en danger»

SOCIETE Contraintes budgétaires, besoin de modernisation et d'adaptation, le service public se remet en question...

Gilles Varela
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(De gauche à droite). Robert Herrmann Roland Ries et Alain Fontanel
(De gauche à droite). Robert Herrmann Roland Ries et Alain Fontanel — 20 Minutes

Baisse des dotations, besoin de modernisation et d'optimisation du service public, la ville et l'Eurométropole envisagent des réformes qui vont définitivement marquer son fonctionnement.

Un problème qui ne se résout pas par la fiscalité

«D'ici à 2017 la perte entre la dotation globale de fonctionnement et les fonds de solidarité représente pour l'Eurométropole une perte de 67 millions d'euros et pour la ville de Strasbourg 40 millions d'euros. Ce sont des sommes impressionnantes s'inquiète Robert Herrmann, président de l'Eurométropole. Cette question ne se résout pas par la fiscalité il faut une adaptation de nos services publics pour y trouver de la réactivité, de l'efficience».

Positiver le retrait de l'Etat

Et l'objectif est clair. Réduire de 10 % la masse salariale et moderniser, réorganiser les services. «Il faut muscler le service public dans un contexte qui a substantiellement changé sur le plan économique mais aussi le plan sociétal. Nous essayons de positiver ce retrait de l'Etat pour sauver le service public. car si nous laissons la situation aller au fil de l'eau, le service public est en danger», explique Roland Ries, maire de Strasbourg.

Pour répondre à l'inquiétude du personnel, Robert Herrmann insiste sur le fait que cela se fera progressivement, sans perte d'emploi. Concernant le problème des contractuels dont la chambre des comptes a indiqué qu'ils ne pouvaient être gardés, il a été prévu une période de transition de deux fois un an avec un accompagnement pour leur permettre de passer le concours de la fonction publique.

«C'est un travail de fond mais le souhait est que tout cela soit discuté dans les meilleures conditions avec les organisations représentatives à l'intérieur de la collectivité, que cela se fasse en prenant compte du statut des personnels, avec un management extrêmement attentif pour les personnes concernées.»

Un texte pour clarifier les choses

Le texte qui va être soumis aux deux collectivités est destiné à clarifier les choses. Il sera  discuté avec les organisations syndicales qui selon Roland Ries, «sont plutôt sur la défense du service public tel qu'il est aujourd'hui. Ce que je peux comprendre car on sait ce qu'on a mais on ne sait pas ce qu'on peut avoir. Cela nécessite donc d'avoir une concertation approfondie avec les organisations représentatives du personnel.»

Il n'empêche que 800 postes environ vont disparaître. Mais Alain Fontanel, Adjoint au maire et vice président en charge de la gestion du personnel le promet, il n'y aura pas de suppressions de personnels, pas de départs. Pour arriver à la baisse d'effectifs , il se veut rassurant: «Ce sont des postes que l'on ne renouvellera pas. Quand quelqu'un part à la retraite on réorganisa le service. Notre choix c'est la progressivité. Personne ne se retrouvera à pôle emploi»,  promet-il.