Strasbourg: Alex Lutz quitte la télé un soir pour venir à Strasbourg

HUMOUR Alex Lutz est sur la scène du Palais de la musique et des congrès, ce vendredi, avec son spectacle éponyme en perpétuelle évolution...

Floréal Hernandez
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Alex Lutz sur scène en 2013.
Alex Lutz sur scène en 2013. — SYSPEO / SIPA

Alex Lutz, comment a évolué votre spectacle au cours des années?

Depuis huit ans qu'il existe, 350.000 personnes l'ont vu. Mais les gens ne voient pas le même depuis le début. Je n'ai jamais voulu annoncer un deuxième spectacle. Il vit sa vie avec des sketchs qui apparaissent, qui disparaissent au gré de mes envies. C'est comme un concert, un tour de chant avec des incontournables et des choses plus récentes, nouvelles. C'est une matière que je modèle, avec laquelle je m'amuse.

>>> Sketch «Le directeur de casting».

Quels sont les sketchs incontournables?

Il y a le technicien, le vieux cabarettiste, le directeur de casting. La vendeuse n'y est plus. Elle fera peut-être son retour un jour. De nombreuses choses évoluent, encore récemment. Des sketchs sont mis en vacances. La structure est assez identique depuis un ou deux ans car je fais moins de dates.

Evoquez-vous l'attentat contre Charlie Hebdo dans votre spectacle?

J'en parle à la fin pour les saluer. Mais ce n'est pas mon emploi ni ma façon de travailler. Mon spectacle n'ouvre pas à traiter de l'actualité. La revue de presse de Catherine et Liliane me donne l'occasion de le faire. Mais je cloisonne. Entre la scène, la télé ou le cinéma, je fais des choses différentes pour mon plaisir artistique mais aussi celui du public qu'il n'ait pas l'impression de voir la même chose à chaque fois.

>>> Catherine et Liliane «au naturel» pour rendre hommage à Charlie Hebdo.

Et a-t-il été difficile de monter sur scène après ces événements?

Non. Ce qui a été dur, c'est de reprendre «Catherine et Liliane» car on est sur de l'actu. Il fallait de l'énergie, de la répartie, de l'impertinence. Avoir de l'humour, un jour d'enterrement, c'est difficile. Mais il y a aussi un sentiment de force très grisant.

Vous avez tourné à l'été 2014 Le Talent de mes amis qui sort au cinéma en mai 2015. Où en est le film aujourd'hui?

Le film est fait. Là, il est en montage. En mixage à partir de la semaine prochaine. Il va sortir en mai, je m'en réjouis mais ça me fait peur aussi. Un film, c'est une super aventure. Comme une fécondation, il y a la naissance d'une idée. Puis une longue gestation avec l'écriture, les réécritures. Vient le financement, ensuite il se fait. C'est un film drôle mais pas que, une comédie avec de l'émotion et de la tendresse. C'est un film de potes à l'anglaise avec Bruno Sanches [alias Liliane] et Tom Dingler, mon metteur en scène et mon grand copain. Mais ça n'a rien à voir avec ce que l'on a déjà vu à la télé ou sur scène même s'il y a des ponts artistiques.

Une adaptation ciné de «Catherine et Liliane» est-elle d'actualité?

Non. Ça ne l'a jamais été. J'ai très envie de faire quelque chose pour que le public les connaisse mieux comme un faux reportage.

Le public qui vient vous voir au PMC sait-il que vous êtes Alsacien, Strasbourgeois?

Je ne peux pas le dire plus. Je le signale systématiquement dans la presse quand on m'interroge. Michel Drucker dans ses émissions le dit à chaque fois. Je suis très fier de mes origines. Avec ce que je fais, elles n'ont pas d'importance. Mais avec Lutz, on sait que je ne suis pas berrichon.

Vous citez souvent aussi la Choucrouterie. Roger Siffer le souligne et s'en réjouit.

Oui. Je parle souvent de Roger Siffer. Mais aussi de Cookie Dingler et de Cathy Bernecker, de vrais parents artistiques et parents de Tom, mon ami. Il y a aussi Pascale Spengler que je cite à chaque fois. Il y a plein d'autres références comme la famille Pomarat, l'importance du TJP.