Strasbourg: Les kiosques pris d’assaut pour trouver «Charlie Hebdo»

CHARLIE Hebdo Très difficile voire impossible de trouver ce matin le journal «Charlie Hebdo». Beaucoup de Strabourgeois étaient déçus parfois en colère...

Gilles Varela
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Strasbourg le 14 janvier 2015.  Vente du journal satirique Charlie Hebdo. Les kiosques dévalisés en quelques minutes.
Strasbourg le 14 janvier 2015. Vente du journal satirique Charlie Hebdo. Les kiosques dévalisés en quelques minutes. — Gilles Varela / 20 Minutes

«Heureusement que je n'ai pas ouvert mon rideau ce matin et servi les premiers arrivés. Sinon cela aurait été l'émeute! J'avais une liste de réservation. Les gens criaient devant le kiosque pour avoir Charlie Hebdo», explique Zack du kiosque de la place Kléber.

De nombreuses personnes allaient de kiosque en marchands de journaux, en vain. «Je me suis levée à 5h30 ce matin. J'étais sûre d'en trouver au moins un. Je suis dégoûtée. Et même demain ce ne sera pas possible. Il y a déjà une longue liste de réservation», regrette Anaïs qui sur son vélo a fait tous les kiosques de la ville et environnants.

Des listes d'attente

Des propos confirmés par Zack: «Je ne prends plus de réservation. J'ai déjà une liste de 400 personnes pour demain, des clients fidèles que je ne vais même pas pouvoir satisfaire. Aujourd'hui je n'ai reçu que 40 exemplaires, à peine un peu plus que d'habitude. Il n'y a eu que 6.000 Charlie Hebdo en Alsace.»

A l'approche du marchand de journaux place Gutenberg, le kiosquier devance les clients qui s'approchent et à la volée crie «Il n'y a plus de Charlie Hebdo messieurs dames.»

Léa, une heureuse lectrice qui avait réservé le journal il y a plusieurs jours confie: «J'ai failli me le faire arracher. Je ne suis pas tranquille. Des gens m'ont demandé s’ils pouvaient le lire...Le marchand m'a conseillé de le cacher dans ma manche! Une personne m'a même dit d'un air méchant que c'était de la provocation.»

Le marchand de journaux Faubourg de Pierre explique qu'il y aurait eu un problème de manque de personnel pour les distribuer mais assure qu'il en recevra à nouveau vendredi et ce week-end.

«Les gens se rabattent sur le Canard enchaîné et Libération. Je ne prends pas de réservation», ajoute le kiosquier de la place Gutenberg.

Inlassablement, Zack, du kiosque place Kléber, répète «Je n'ai plus de Charlie et je ne prends plus de commandes. Il faudra attendre plusieurs jours. En attendant il a mis une affichette sur laquelle on peut lire: Il n'y a plus de Charlie mais il y a plein d'autres choses...»