Apologie d'actes de terrorisme à Strasbourg: L'affaire est renvoyée, le prévenu reste en prison

JUSTICE Le Strasbourgeois interpellé vendredi pour apologie de l'attentat contre la rédaction de «Charlie Hebdo» sur Facebook est maintenu en détention. L'affaire sera jugée le 27 janvier 2015...

Floréal Hernandez

— 

Strasbourg, le 12 janvier 2014. - Devant la salle d'audience lors de la comparution d'un Strasbourgeois interpellé pour apologie de l'attentat «Charlie Hebdo».
Strasbourg, le 12 janvier 2014. - Devant la salle d'audience lors de la comparution d'un Strasbourgeois interpellé pour apologie de l'attentat «Charlie Hebdo». — G. Varela \ 20 Minutes

«C'est une mauvaise blague. Je n'avais pas l'intention de blesser ni de choquer. Je m'excuse, je suis prêt à écrire une lettre. Je mérite une punition.»

Malgré la reconnaissance de ces torts devant le tribunal correctionnel de Strasbourg, l'homme de 30 ans interpellé vendredi pour apologie de l'attentat contre Charlie Hebdo sur Facebook a été maintenu en détention, lundi. L'affaire est renvoyée au 27 janvier 2015, 14h.

«Mon client paie une actualité dramatique»

Ce maintien en détention interpelle son avocat Maître Michael Wacquez. «Que va-t-on faire des 40.000 personnes qui ont écrit le #JenesuispasCharlie sur Twitter? Les prisons françaises peuvent-elles les accueillir?» Dans sa plaidoirie, l'avocat avait demandé à «la juridiction d'être imperméable à ce que l'on entend ici et là». «Mon client paie une actualité dramatique», juge-t-il.

Ce Strasbourgeois a posté sur Facebook après l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo une photo où un fusil d'assaut et des douilles étaient accompagnés d'un mot où était écrit: «Bons baisers de Syrie. Bye Charlie.»

L'homme de 30 ans a reconnu un passé d'ancien trafiquant de drogue – il a été condamné à quatre ans de prison ferme dont 18 mois avec sursis en 2013 dans une affaire de stupéfiants mais également pour provocation directe à la rebellion ou conduite sans permis – mais affirme: «On me fait passer pour je ne sais pas quoi.» Terroriste, islamiste, extrémiste, il n'emploie jamais le mot. Son avocat lance: «Ce n'est pas un jihadiste.»

«Ça vous évitera de partir en Syrie»

Toutefois, le président du tribunal a suivi l'avis du procureur de maintenir en prison le prévenu: pour éviter tout renouvellement de faits et garantir sa présentation devant la justice. Le «Ça vous évitera de partir en Syrie» ponctuant la sentence asséné par le président du tribunal laisse sous le choc l'avocat de la défense. «Le débat ne s'est pas passé en toute sérénité», regrette Maître Wacquez.