Attaque à «Charlie Hebdo»: L'hommage des étudiants de la Haute école des arts du Rhin

CHARLIE HEBDO Les étudiants en arts plastiques de la Hear à Strasbourg se mobilisent pour honorer la mémoire des victimes de l'attentat et répondre à l'obscurantisme...

Floréal Hernandez

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Strasbourg, le 9 janvier 2015. - 200 étudiants et professeurs de la Haute école des Arts du Rhin de Strasbourg se sont réunis pour lancer des projets en réaction à l'attentat contre la rédaction de «Charlie Hebdo».
Strasbourg, le 9 janvier 2015. - 200 étudiants et professeurs de la Haute école des Arts du Rhin de Strasbourg se sont réunis pour lancer des projets en réaction à l'attentat contre la rédaction de «Charlie Hebdo». — F. Hernandez / 20 Minutes

Près de 200 étudiants et professeurs se sont retrouvés dans l'auditorium de la Haute école des arts du Rhin de Strasbourg (ex-Arts déco), vendredi midi. Les mines étaient grises après l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, mercredi matin, mais les idées étaient claires pour apporter des réponses à cet acte.

Ne pas répondre «à la haine par la haine»

«Cet attentat s'en prend directement à nous, notre profession, notre milieu. C'est une mise en garde: "Ne devenez pas les futurs Charlie". Mais on ne se cachera pas après ces menaces. On réalisera des choses pour défendre nos envies», assure Hugo Serraz, étudiant en graphisme et cocréateur de jesuischarlieaussi.tumblr.com qui regroupe des dessins des élèves de la Hear et d'autres écoles.

>>> Dessins du tumblr Jesuischarlieaussi.

Le tumblr d'étudiants de la Hear créé après l'attentat contre «Charlie Hebdo». - Capture d'écran de jesuischarlieaussi.tumblr.com

Autour de ce tumblr et de l'adresse mail jesuischarlieaussi@gmail.com, les étudiants strasbourgeois se mobilisent pour des projets en hommage aux victimes, en lutte contre le terrorisme et la barbarie. Le mot d'ordre est de ne pas répondre «à la haine par la haine». «Faisons des choses, créons des événements», lance Hugo Serraz.

«Je suis devenu adulte avec Charlie Hebdo»

Les élèves de la Hear ont le soutien de leurs profs. Tous quasiment ont eu leur enfance ou adolescence bercées par Cabu et Wolinski. «Je suis devenu adulte avec Hara-Kiri, Charlie Hebdo, Charlie Mensuel, avoue Philippe Delangle, responsable de l'atelier communication graphique de l'école. C'étaient des supports de contre-culture. On doit refuser de tourner cette page de liberté.»

Un peu plus jeune que son aîné, Guillaume Chauchat, professeur d'illustration à la Hear et auquel le festival de la BD d'Angoulême consacre une expo en 2015, reconnaît que les livres de Cabu, Wolinski ou Reiser étaient «des lectures en cachette (sourire), enfant.» Stanislas Martin-Finzo, autre professeur d'illustration des ex-Arts déco, estime que «ce sont des gens de notre famille qui ont été attaqués» et incite à «réagir avec le dessin». Les étudiants de la Haute école des arts du Rhin ont entendu ce message.