Football: «Suis-je ciblé par les arbitres? Je me suis posé la question.»

SPORT Expulsé contre Amiens (1-1), le 18 décembre, Jean-Philippe Sabo va purger contre Luçon, vendredi 20h à la Meinau, le deuxième de ses trois matchs de suspension...

Floréal Hernandez

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Strasbourg, le 7 janvier 2015 - Le joueur du Racing Jean-Philippe Sabo dans les tribunes de la Meinau.
Strasbourg, le 7 janvier 2015 - Le joueur du Racing Jean-Philippe Sabo dans les tribunes de la Meinau. — Floreal Hernandez

Jean-Philippe, où serez-vous assis vendredi à la Meinau pour Racing-Luçon?

A priori en loges. Lors des matchs à domicile, deux joueurs vont en loges pour parler avec les partenaires, répondre à leurs questions pendant une demi-heure avant le match. Moi, on m'interroge souvent sur mes expulsions (sourire).

En tribunes, vous intériorisez ou vous extériorisez votre enthousiasme, votre frustration?

J'essaie d'intérioriser. Je suis tout seul en haut, je ne suis pas là pour faire le clown. Après j'encourage mes partenaires. Mais ça ne sert à rien de montrer sa frustration. D'en haut, je ne changerai rien sur ce qui se passe sur le terrain.

>>> Top 3 des Strasbourgeois qui ont oublié leur fair-play dans le vestiaire.

Avez-vous déjà prévu votre équipement pour éviter d'avoir froid?

Oui, une écharpe, une doudoune... Mais je ne suis pas quelqu'un de frileux, je supporte bien le froid. Si la rencontre se passe bien pour le Racing, je ne le sens pas trop. Par contre, si c'est tendu, je le suis aussi et là, on souffre plus.

Est-ce plus difficile de se retrouver en tribunes en hiver que l'été?

Depuis la reprise, je suis frustré. Après mon carton rouge à Amiens, je savais que j'allais reprendre sans pouvoir jouer. Eté comme hiver, il vaut mieux être sur le banc qu'en tribunes. Le foot, c'est ma passion, mon métier alors à défaut de jouer, je me contente des entraînements actuellement.

Devez-vous vous freiner lors de ceux-ci?

J'ai plus de jus que ceux qui ont joué dimanche contre Auxerre. Moi, je n'ai rien fait du week-end, je n'ai pas fait six heures de bus aller ni six heures de bus retour. Le coach l'a constaté lors de la séance de mercredi et m'a demandé d'y aller doucement, tranquillement. Mais je m'entraîne de la même façon que je joue ou non. Là, je me sens bien physiquement. Je ne me freine pas mais je fais attention à mes coéquipiers.

Avez-vous l'impression d'être ciblé par les arbitres après vos trois expulsions?

Je me suis posé la question après Chambly. A Colmar ou face à Amiens, l'arbitre peut voir une faute grossière car j'arrive vite. Mais je ne touche pas le joueur. Dix minutes après, ils courent comme des lapins. Suis-je ciblé car je m'appelle Sabo, j'ai joué en L1, en L2? Je n'ai pas la réponse. Mais à Chambly quand je prends le rouge alors que je suis à trois mètres de l'action, c'est cruel. Là, je me suis posé la question. J'aimerai que les arbitres soient plus dans le dialogue avec les joueurs, qu'ils ne prennent pas leur décision de suite. Cette année, j'avais la consigne de me calmer sur le terrain car la saison dernière, j'ai pris trop de cartons jaunes stupides. Là, je n'ai pris qu'un avertissement mais déjà deux cartons rouges [il a été blanchi de son expulsion à Chambly] et six matchs de suspension. C'est conséquent.

>>> L'expulsion de Jean-Philippe Sabo face aux SR Colmar (à 0:54).

Que faites-vous de vos week-ends? Vous coupez ou vous en profitez pour voir plus de matchs?

Ma suspension ne change pas trop de choses. Je regarde souvent des matchs, car on apprend en regardant. Si l'affiche est belle, je suis le match de L1 du dimanche soir, j'apprécie aussi la Premier League. Le Boxing Day a été un régal. Sinon, je coupe aussi en me promenant avec ma copine, en allant voir des amis pour avoir des discussions autres que celles de mon quotidien.

Comment va se dérouler votre vendredi?

J'ai un entraînement spécifique avec le préparateur physique pour garder la forme. Le lendemain, je fais la séance avec ceux qui n'ont pas ou peu joué. Sinon après mon arrivée au stade, je ne passe pas par le vestiaire. Je n'ai rien à y faire, je laisse mes coéquipiers à leur concentration. Par contre, à la fin du match, je descends au vestiaire. Je discute avec eux de mon ressenti sur le match, du leur.