Strasbourg: La Licra se donne en spectacle deux jours avant la venue de Dieudonné

SOCIETE La Licra du Bas-Rhin change sa façon de se mobiliser et organise un «one-man-show antiraciste»...

Gilles Varela

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Pierre Fatus, un clown donne un spectacle avec la Licra pour dénoncer le racisme
Pierre Fatus, un clown donne un spectacle avec la Licra pour dénoncer le racisme — G. Varela \ 20 Minutes

Fini les traditionnelles manifestations de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) aux abords du Zénith pour protester contre les représentations des spectacles de Dieudonné. La section du Bas-Rhin innove et veut faire passer un message positif pour se défendre, dit-elle, contre «la montée de la haine et de l'intolérance».

Aussi elle organise un «one-man-show antiraciste» qui se veut poétique et politique. Mais, attention, même si le spectacle qui se tiendra deux jours avant celui de Dieudonné, «il ne se positionne pas contre une personne en particulier. Ce n'est pas un match de boxe mais une initiative pour réfléchir sur la société, le repli sur le communautarisme», précise Gilles Winckler président de la Licra du Bas-Rhin.

«Face à la montée de la haine, de l'intolérance et à la libération de la parole raciste, nous avons recherché de nouveaux outils. C'est un spectacle riposte, positif, mais aussi un projet dans la continuité de ce que fait la Licra», ajoute Gilles Winckler.

Ne pas ériger les uns contre les autres

Ce nouveau visage de la Licra 67, c'est l'artiste Pierre Fatus qui l'incarne. «Je suis un clown en colère contre une stratégie invisible mais bien réelle de désolidarisation de la société, c'est un spectacle anti-poison car il y a du venin dans la société». Le showman touche à tout, auteur, acteur, passé entre autres par le cirque, le mime, le théâtre, du Théâtre du Soleil à la scène du Crazy Horse, explique trouver inadmissible ces tentatives d'ériger les uns contre les autres, et veut croire dans le lien humain. «On a le choix aujourd'hui. Il faut qu'il y ait des paroles positives, on peut vivre ensemble. Je m'oppose au fatalisme et à l'inertie. Je veux agir, les paroles doivent passer. Je suis un prêcheur des temps moderne et dans mon église on éclate de rire.»

Rendez-vous est donc pris le 15 janvier à 20h à la Cité de la musique et de la danse Rivétoile pour le one-man-show La guerre des clowns est déclarée. Puis le 19 janvier, près de cinq cents lycéens de Strasbourg assisteront à une seconde représentation.