Strasbourg: "Il n'y aura pas de révolution" avec l'Eurométropole

POLITIQUE Depuis le 1er janvier, on ne dit plus Communauté urbaine de Strasbourg mais Eurométropole de Strasbourg. Robert Herrmann, le président de celle-ci, explique ce qui va changer ou non dans le quotidien des Strasbourgeois, des Schilikois, des Illkirchois...

Propos recueillis par Alexia Ighirri et Floréal Hernandez

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Robert Herrmann.
Robert Herrmann. — Varela

Robert Herrmann, qu’est ce que l’Eurométropole de Strasbourg va changer dans le quotidien des habitants de la CUS?

Rien. Pour le citoyen, il n’y aura pas de révolution. On ne change pas de territoire, Kehl ne fait pas partie de l'Eurométropole pour l’instant. Culturellement et juridiquement, les choses évolueront. Mais aujourd’hui, ce n’est pas jouable. On peut associer nos efforts et nos réflexions. Un jour, les choses auront suffisamment avancé pour que sur les zones frontalières, pas uniquement en Alsace, on fasse des districts comme on en trouve ailleurs dans le monde. Mais ce n’est pas encore à l’ordre du jour.

Mais retrouvera-t-on Kehl dans le processus de décision?

On aura un conseil de développement de près d’une centaine de personnes (pas des élus politiques) qui aura comme particularité d’intégrer une part de voisins allemands (15% à 20%) qui participeront à la réflexion du devenir du territoire à 360°. Il aura pour axes majeurs: le développement économique, tous les aspects environnementaux, la transition énergétique et numérique. Ce sont les trois axes majeurs. Il a pour vocation de faire de la prospective, de l’évaluation de politique publique. Il ne sera pas un concurrent du Ceser [conseil économique, social et environnemental régional] ni un conseil de quartier où l’on ferait passer des projets pour validation. C’est bien que les citoyens se prennent en charge pour réfléchir au territoire, ça enrichit les débats.

On ne parlera plus du tout de CUS?

Non, le terme n’existera plus. On parlera d’Eurométropolitain, de Strasbourg. On ne changera pas la marque Alsace ni "Europtimist". Il faut construire. C'est comme pour la future région, les gens parleront d’Alsace, diront qu’ils viennent d’Alsace. L’Alsace a existé bien avant que le territoire institutionnel n’existe. L’Alsace existera bien encore après, les gens sont de caractères, il n’y a pas de risque.

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Vous allez donc devoir modifier toute la signalétique de la CUS...

Non, on est en période de restriction budgétaire donc on a trouvé un nouveau logo qui nous permet de ne pas changer tout. On fera très très peu de frais. On mettra Strasbourg Eurométropole au lieu de Strasbourg.eu et il n’y aura plus marqué Communauté urbaine. Le changement est minimal, ça nous évite de changer toute la vitrophanie sur les véhicules, les papiers à en-tête, etc.

Le report du budget de l'Eurométropole -qui sera voté en février- est-il pénalisant?

On aurait préféré faire une grande fête, feux d’artifice, champagne et tout (rire). Non, ce n’est pas pénalisant. Ce qui l’est, c’est la situation économique. Pour le reste, on rentre en douceur dans ce processus. Il n’y a pas de brutalité pour le citoyen ni pour les collectivités. Après, c’est un vrai travail de fond qui vise à simplifier la vie politique et administrative, qui vise à se doter d’outils plus puissants dans le cadre de compétition mondiale et donc des territoires. Le vrai chambardement, c’est la métropole dans une région qui bouge mais le passage de communauté urbaine à métropole n’en est pas un.