Le conflit tourne en rond chez Timken

SOCIAL Déception chez les ouvriers de Timken-Strasbourg, qui attendaient beaucoup de la venue sur place de la...

Jonathan Barbier

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Déception chez les ouvriers de Timken-Strasbourg, qui attendaient beaucoup de la venue sur place de la direction régionale, basée à Colmar. En conflit avec leur hiérarchie depuis le 22 mars, ils ont durci leur mouvement en fin de semaine dernière, entamant une grève et instaurant un barrage filtrant à l'entrée du site. Ils réclament le versement d'une prime exceptionnelle de 1 000 € au titre des bénéfices réalisés ces cinq dernières années par le groupe, ainsi que l'instauration d'une prime régulière de résultat, déjà en place pour les cadres et les agents administratifs. Mais la rencontre prévue a rapidement tourné au dialogue de sourds. « Ils n'ont rien voulu entendre et se sont contentés de faire constater la présence des barrages par huissier de justice », lâche, dépité, Sébastien Chatain, délégué central et porte-parole de l'intersyndicale CFTC-CGT-CFDT.Selon les syndicats - la direction était hier injoignable - les responsables régionaux auraient exigé une levée du blocage avant d'envisager des négociations. Côté ouvriers, on veut d'abord se mettre autour d'une table avant un retour normal à l'activité, tout en rappelant la « pénibilité » des conditions de travail. « On nous demande de porter à mains nues des charges de 70 à 80 kg, voir plus », lance Mohammed. Des tâches difficiles à exécuter, d'autant que la majorité des effectifs est composée de femmes. « En 2006, il y a eu une trentaine d'arrêts de travail, surtout pour des problèmes de dos », déplore une employée.

suite Les syndicats entendent maintenir le barrage et poursuivre la grève, qui touche selon eux 90 ouvriers sur 100. Le site sert de centrale d'expédition de roulements à bille aux clients de Timken.