Strasbourg: Un chirurgien du CHU de Strasbourg jugé pour homicide involontaire

JUSTICE Maxime Walter avait 15 ans en 2008. A la suite d'une chute de vélo lors d'un entraînement de cyclo-cross, il avait été amené au CHU de Hautepierre où il décédera deux jours plus tard...

G.V. avec AFP
Conférence de presse des parents de Maxime Walter mort à l'hôpital. Caroline et Thierry Walter, les parents. Le 05 01 2010
Conférence de presse des parents de Maxime Walter mort à l'hôpital. Caroline et Thierry Walter, les parents. Le 05 01 2010 — G. VARELA / 20 MINUTES

Un chirurgien mis en cause dans le décès en 2008 d'un jeune sportif hospitalisé après une chute à vélo, sera jugé le 15 décembre devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour «homicide involontaire», a-t-on appris jeudi de sources judiciaires.

L'instruction de ne pas pratiquer l'ablation de la rate

Le chirurgien de 46 ans était d'astreinte ce jour-là mais avait tardé à se rendre au CHU de Strasbourg-Hautepierre le dimanche 21 septembre 2008, jour de l'accident lors d'un entraînement de cyclo-cross de Maxime Walter, 15 ans, jeune espoir régional dans cette discipline et gravement blessé au bas-ventre.

Le praticien avait donné par téléphone l'instruction de ne pas pratiquer l'ablation de la rate pourtant gravement fracturée de l'adolescent. L'enquête et notamment plusieurs expertises médicales ont conclu que cette décision avait «favorisé l'évolution» vers le décès du patient, selon une source proche du dossier.

Mort du jeune homme après deux jours d'hospitalisation

Souffrant d'une importante hémorragie interne, Maxime Walter avait été abondamment transfusé, mais son état avait empiré d'heure en heure. Le chirurgien a décidé finalement une ablation tardive de la rate, mais qui n'évitera pas la mort du jeune homme après deux jours d'hospitalisation.

Les avocats de la famille de la victime avaient réclamé une requalification du chef d'inculpation en «homicide volontaire» et par conséquent la tenue d'un procès d'assises, estimant qu'en refusant tout acte opératoire le chirurgien «savait parfaitement» qu'il condamnait le patient.

Mais si l'enquête avait bien permis d'établir une «obstination» du médecin dans un choix erroné, elle avait conclu que cela ne suffisait pas pour démontrer qu'il y avait eu intention d'homicide de sa part.