Strasbourg: Une hausse des impôts envisagée

FISCALITE Le conseil municipal strasbourgeois du lundi 17 novembre 2014 va se pencher sur les grandes lignes du budget primitif 2015 de la ville...

Floréal Hernandez

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Le conseil municipal de Strasbourg. (Illustration)
Le conseil municipal de Strasbourg. (Illustration) — Varela

Le conseil municipal de ce lundi 17 novembre 2014 s'annonce mouvementé. La raison? Le débat d'orientations budgétaires 2015 va se tenir et dans celui-ci l'hypothèse d'une augmentation des impôts est avancée.

6,68 millions d'euros de dotation en moins en 2015

Comme les autres collectivités, la ville de Strasbourg voit sa dotation de l'Etat diminuer. Sa dotation globale de fonctionnement (DGF) doit passer de 58,30 millions d'euros en 2014 à 51,62 millions d'euros en 2015 selon les actuels termes du projet de loi de finances pour 2015. A ces 6,68 millions de baisses de dotation, il faut ajouter 903.000 euros de dépense de péréquation en 2015 contre 307.420 euros en 2014. En 2016, le DGF de Strasbourg serait de 44,94 millions d'euros et de 38,15 millions d'euros en 2017.

Pour compenser ces dotations en moins, la ville compte diminuer ses investissements de 130 millions d'euros en 2014 à 106 millions d'euros en 2015, stabiliser son enveloppe de fonctionnement avec une diminution de 10% de son personnel. Elle ambitionne également de diminuer ses dépenses publiques entre 5 et 10 millions d'euros. Dernier levier envisagé: l'augmentation des impôts. «Ce qui n'a pas été fait depuis 2005», rappelle Olivier Bitz, adjoint au maire en charge des finances.

6% de hausse de la fiscalité équilibrerait les pertes de dotation

Trois schémas sont envisagés par l'équipe de Roland Ries sachant que la hausse de 1% de la fiscalité correspond à 1,4 million de recettes supplémentaires. Le premier: la stabilité fiscale. Le second: une hausse de 3% qui rapporterait 4,2 millions d'euros. Le troisième: une hausse de 6% qui générerait 8,4 millions de recettes supplémentaires. «Ce qui correspondrait aux pertes de dotation de l'Etat», souligne Olivier Bitz.

Malgré ces annonces, le maire Roland Ries réitère son objectif: «Il est le même qu'en 2008 [année du début de son premier mandat], faciliter la vie de nos concitoyens. Cette orientation ne changera pas. Mais il va falloir être attentif aux priorités.» Les projets lancés dans le précédent mandat et pas encore terminés sont «préservés»: rénovation urbaine de la Meinau, du Neuhof, de Hautepierre, Ecole européenne, gymnase des Deux-Rives, Île aux sports, centre socio-culturel du Port du Rhin...

>>> Tweet de Jean-Emmanuel Robert, conseiller municipal strasbourgeois UMP.

 

«Le choix de l'austérité» pour l'opposition UMP-MoDem

Devant ces annonces, l'opposition UMP-MoDem estime, dans un communiqué de presse, que «Roland Ries fait le choix de l'austérité». Elle s'inquiète de «l'augmentation lourde des tarifs et de la fiscalité», de «la baisse du nombre d'agents et des services proposés par la ville» et de «la baisse rapide des investissements pour atteindre 75 puis 64 millions d'euros en 2016/2017, réduisant ainsi le carnet de commandes des entreprises locales, ce qui ne manquera pas d'avoir un impact important sur l'emploi», souligne le groupe conduit par Fabienne Keller.