Strasbourg: La fraude dans les transports en commun coûte 4,5 millions d'euros par an à la CTS

TRANSPORTS La lutte contre la fraude et les incivilités dans les transports en commun va s'intensifier...

Gilles Varela

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Illustration. Contrôles dans le tramway à Strasbourg le 7 février 2012.
Illustration. Contrôles dans le tramway à Strasbourg le 7 février 2012. — G. Varela / 20 Minutes

Oublier d'acheter ou de valider un ticket de transport où tout simplement choisir de ne pas payer. Des gestes qui ne sont pas sans conséquences financières pour la collectivité directement impactée.

Actuellement, la fraude coûte 4,5 millions d'euros par an à la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). Un montant important qui, par exemple, permettrait de créer 80 postes de chauffeurs, illustre Jean-Philippe Lally, directeur de la CTS: «De quoi faire de belles lignes et d'augmenter la fréquence des bus en soirée ou le week-end.»

Un taux de fraude passé sous la barre des 10%

Si le coût de la fraude reste important sur le réseau de transport public strasbourgeois, les moyens mis en œuvre ont tout de même permis de baisser le taux de fraude en cinq ans de 25%.  En passant sous la barre des 10 % (9,2%), le réseau strasbourgeois figure parmi les meilleurs réseaux français en la matière.

Une efficacité  attribuée selon Alain Fontanel, président de la CTS, à «une volonté de conjuguer une politique tarifaire solidaire et juste mais aussi au renforcement du dispositif de lutte contre la fraude», intensifiée depuis 2011.

«Sur les 130.000 abonnés de la CTS, près de 57% bénéficient d'une réduction liée à la tarification solidaire, explique Alain Fontanel. Les citoyens ayant désormais accès aux transports publics selon leurs possibilités financières, la fraude est devenue d'autant plus injustifiable et inacceptable.»

Les mesures de contrôles sont renforcées

Le coût de l'amende a donc été augmenté en octobre, passé à 49 euros soit légèrement plus chère que le montant de l'abonnement mensuel plein tarif, et à 33 euros en cas d'oubli de «validation». Les mesures de contrôles sont également renforcées. Et si Jean-Philippe Lally garde secret le nombre total de contrôleurs officiant sur le réseau, il reconnaît «une augmentation importante» du recrutement avec une quinzaine d'agents supplémentaires ces dernières années. La plage horaire des contrôles est largement étendue et ces derniers ont lieu désormais sept jours sur sept, et plus encore sur les tramways, les bus ne représentant que 3% des fraudes.

De la répression mais de la prévention aussi

Et si la batterie de moyen de répression mis en place s'est enrichie, elle n'en laisse pas moins la place à la prévention.  Deux nouvelles conventions ont été signées avec des associations sportives et d'activités pour l'enfance et l'adolescence afin de sensibiliser les plus jeunes sur «le savoir-vivre ensemble dans les transports en communs».

D'autre part la CTS étudie d'autres pistes comme l'expérimentation prochaine d'autoriser certains agents de Cityveille, (jusqu'alors en charge uniquement de la médiation dans les transports en communs)  qui seraient agrémentés afin de pouvoir verbaliser les actes d'incivilités. L'ensemble des mesures a permis jusqu'en 2013 de récupérer près de deux millions d'euros.