Alsace: Comment le projet de loi de santé va impacter le quotidien des Alsaciens?

SANTE L'Agence régionale de santé (ARS) Alsace a précisé les orientations du projet de loi de santé et leurs répercussions sur le territoire alsacien...

Alexia Ighirri

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Dans le cadre du projet de loi de santé, les établissements hospitaliers devront se regrouper pour mettre en commun un projet médical.
Dans le cadre du projet de loi de santé, les établissements hospitaliers devront se regrouper pour mettre en commun un projet médical. — G . VARELA / 20 MINUTES

Présenté le 15 octobre par la ministre de la Santé Marisol Touraine, le projet de loi de santé a été décortiqué par l'Agence régionale de santé (ARS) Alsace ce jeudi, pour y voir quels impacts pouvaient avoir ce texte, ou du moins ses orientations puisqu'il sera débattu au cours du premier semestre 2015, sur les actions menées localement. De la politique de prévention à l'organisation des soins en Alsace.

Prévenir l'ivresse des jeunes. Le projet de loi prévoit de sanctionner l'incitation à la consommation excessive d'alcool «pour les majeurs comme les mineurs, complète Laurent Habert, directeur général de l'ARS Alsace. Il n'y a pas de spécificité alsacienne sur cette tendance, mais il n'y a pas d'exception favorable non plus». Selon une enquête Escapad en 2011, 86% des filles et garçons de 17 ans avaient expérimenté l'alcool en Alsace. Laurent Habert indique par ailleurs que la prévention de l'ivresse chez les jeunes est déjà l'une des priorités du plan régional de santé, rappelant qu'une équipe mobile de médiation est en place à Strasbourg et que ce même dispositif a été mis en place à Mulhouse.

Expérimenter les «salles de consommation à moindre risque». Une base légale permettant l'expérimentation sur six ans des «salles de shoot», visant à la réduction des risques auxquels s'exposent les toxicomanes, est apportée par ce projet de loi. «Le maire Roland Ries s'était prononcé pour et avait porté la candidature de Strasbourg pour en accueillir une, poursuit le directeur général de l'ARS Alsace. Ce sera maintenant à la municipalité de donner suite.»

Mettre en place un numéro d'appel commun. Entre le 15 (aide médicale d'urgence), SOS Médecin et autres numéros variants selon si on se trouve dans le Haut-Rhin ou le Bas-Rhin, difficile parfois de savoir comment joindre un médecin aux heures de fermeture des cabinets médicaux. Le ministère de la Santé va donc mettre en place un numéro d'appel harmonisé sur tout le territoire.

Regrouper les établissements hospitaliers. «Il va y avoir un vrai impact sur notre territoire», remarque Laurent Habert au sujet de la création de groupement hospitalier de territoire voulue par le ministère. «Il y a quatre territoires de santé en Alsace, autour des quatre principaux établissements à savoir Haguenau, Strasbourg, Colmar et Mulhouse, poursuit-il. L'article 27 du projet de loi va rendre obligatoire leur groupement pour mettre en commun un projet médical ou encore leur organisation comme leur système d'information, leur fonction d'achats, etc.»

Reconnaître de nouvelles compétences. Parmi les nombreuses mesures du projet de loi, l'ARS Alsace relève aussi celle des extensions de compétences. Ainsi, le métier d'infirmier clinicien sera reconnu: celui-ci, existant dans beaucoup d'autres pays, pourra dorénavant formuler un diagnostic ou encore établir une prescription. Les sages-femmes pourront par ailleurs vacciner l'entourage des femmes et des nouveau-nés, et la vaccination pourra aussi se faire chez les pharmaciens. «C'est un mouvement intéressant qui s'inscrit dans ce qu'on a essayé de pousser en région, juge le directeur général alsacien. Cela donne de la souplesse.»