Strasbourg: 67 millions de moins pour la Communauté urbaine, qui reporte son débat d'orientation budgétaire

POLITIQUE Le bureau de la CUS a décidé de décaler le débat d'orientation budgétaire ainsi que le vote du budget, en raison de la baisse de la dotation globale de fonctionnement...

Alexia Ighirri

— 

Illustration de l'hémicycle du centre administratif de Strasbourg.
Illustration de l'hémicycle du centre administratif de Strasbourg. — Varela

Rendez-vous en janvier pour le débat d'orientation budgétaire et en février pour le vote du budget. Le bureau de la communauté urbaine de Strasbourg (CUS) a décidé «unanimement» (comprenez, toutes tendances politiques confondues) de décaler ces deux rendez-vous politiques et économiques de l'agglomération.

La raison? Une baisse de la dotation globale de fonctionnement, avec une ponction de 67 millions d'euros d'ici à 2017. Une nouvelle qui est tombée il y a dix jours, et dont le chiffre officiel s'avère plus élevé que celui attendu par le bureau exécutif, «d'où la réactualisation brutale des choses», note Robert Herrmann, président de la CUS.

«Essayer» de ne pas augmenter la fiscalité

Ajoutée à la hausse de la contribution de la CUS au fonds de péréquation FPIC (considérée comme «riche», elle contribue à un pot commun à destination des communautés urbaines moins dotées), passant de 583.000 euros à 1,17 million d'euros, la baisse de la dotation de l'Etat oblige l'agglomération à chercher «quelques millions d'économies» supplémentaires sur un budget global avoisinant 1,4 milliard d'euros.

Pour compenser cette perte, le bureau exécutif veut «essayer de ne pas augmenter la fiscalité des citoyens» et préfère prendre le temps «d'affiner de nombreux choix, de faire des économies sur nous-mêmes», dixit Robert Herrmann. Pour Yves Bur, 2e vice-président, il faudra aussi «optimiser le fonctionnement et réfléchir à ses missions».

Quid du service public?

Pour le président de la CUS, «il est évident qu'il y aura une transformation du service public et on doit l'assumer. Nous n'échapperons pas à l'externalisation. Il n'y a pas de chasse aux fonctionnaires, mais il faut chercher l'efficience: on constate qu'il y a des choses que le service public sait faire et moins cher que le privé. Là où le service public apparaît déficient sans son organisation ou son coût, il n'y a pas de raison de s'interdire la réflexion».

Dans les prochains jours, Alain Fontanel ira, en tant que vice-président en charge de la gestion du personnel, à la rencontre des organisations syndicales.

Une chance pour l'Eurométropole

Ce budget sera le premier de l'Eurométropole. Et si certains pensent que cette baisse dans le budget est plutôt décourageante, le président et les vice-présidents y voient une chance. Parce qu'elle dirige, selon eux, davantage le débat vers le sens des missions de la collectivité que vers les arbitrages budgétaires.

«C'est une difficulté technique mais pas politique. C'est un effort de retarder les orientations du budget, pas une souffrance, ni une faute», estime Robert Herrmann, rejoint par Caroline Barrière, vice-président en charge des questions budgétaires: «Il faut le voir comme une opportunité de faire évoluer la CUS et l'Eurométropole.»