Strasbourg: Les travaux de dépollution sur le site de l'ancienne raffinerie de Reichstett vont pouvoir commencer

ECONOMIE La société Brownfields va injecter près de 30 millions d’euros pour le rendre commercialisable...

Gilles Varela

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La friche de la raffinerie de Reichstett. Le 04 novembre 2014.
La friche de la raffinerie de Reichstett. Le 04 novembre 2014. — G. Varela / 20 Minutes

L'extinction en avril 2011 de la célèbre flamme de la cheminée de la raffinerie Petroplus à Reichstett  avait balayé une histoire vielle de 50 ans. Entraînant ainsi  la destruction de 250 emplois directs et signé la fin d'une activité industrielle majeure pour le territoire de la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS).

Un réel danger environnemental

Malgré la reprise en février 2013 par la société Wagram Terminal de 110 hectares pour y constituer un dépôt pétrolier, ainsi qu'une petite surface par l'entreprise Butagaz, 450 hectares du site (sur 610) restaient sans repreneur.  En partie profondément pollués, ils faisaient office d'épouvantail pour les collectivités locales et régionales et un réel danger pour l'environnement.

Localisé à l'entrée nord de la CUS, le site présente cependant un potentiel foncier hors norme. Situé au cœur des infrastructures autoroutières avec une desserte par chemin de fer, il répond surtout aux besoins d'espaces pour les entreprises de la métropole.

La société Brownfields prend les commandes

Le tribunal de grande instance de Strasbourg a finalement autorisé le 30 octobre la reprise par la société Brownfields, spécialisée dans le démantèlement,  la dépollution et le désamiantage de sites industriels, pour un euro symbolique, des 450 hectares restant du site. 

Une décision attendue et un vrai «soulagement»,  indique Robert Herrmann, président de la CUS: «Si le projet avait été invalidé par le tribunal, le site serait devenu une gigantesque friche inutilisable avec tous les risques induits sur la sécurité du site et les menaces sur la nappe phréatique.»

Près de 30 millions d'euros d'investissements

Brownsfields va investir plus de 30 millions d'euros pour démanteler et dépolluer les 85 hectares de la partie nord, la partie «historique» et très polluée du site afin de rendre possible l'installation d'entreprises. Elle commercialisera quelque 60 hectares à des entreprises souhaitant s'y implanter.

De son côté la CUS s'engage à acquérir le secteur Est  (225 ha) et sud (140 ha) pour un montant de 11,4 millions d'euros, dont sera déduite l'intégralité des subventions publiques, notamment l'Ademe. Elle devrait s'élever aux alentours de trois millions d'euros selon Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie. Les collectivités envisagent des installations d'entreprises, ainsi qu'une zone naturelle sur 140 hectares.

Les travaux  commenceront début 2015 et s'étaleront sur quatre ans. Les premières entreprises pourront être accueillies vers juillet 2015 sur une partie du site et il faudra attendre 2021 pour l'aménagement et la commercialisation des lots.