Strasbourg: Vers la fin du marché aux fleurs rue des Grandes Arcades?

COMMERCES Les deux fleuristes, commerçants non sédentaires présents trois fois par semaine rue des Grandes Arcades, pourraient ne plus y exercer leur activité...

Gilles Varela
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Bernard Deutsch, fleuriste non sédentaire.
Bernard Deutsch, fleuriste non sédentaire. — G. Varela / 20 Minutes

Les deux fleuristes de la rue des Grandes-Arcades n'en reviennent pas. Ils ont appris la nouvelle par des clients: «le marché aux fleurs pourrait disparaître». Suite à une question d'actualité posée au conseil municipal de lundi, Robert Herrmann, en charge de l'occupation du domaine public a confirmé que les deux fleuristes, commerçants non sédentaires présents trois fois par semaine rue des Grandes Arcades ne pourraient plus y exercer leur activité.

A la demande de la corporation des fleuristes selon l'élu, le marché aux fleurs serait une «concurrence discordante» aux fleuristes ayant un local à l'année avec des charges pouvant aller jusqu'à 130.000 euros annuellement pour certains alors que celles des commerçants non sédentaires seraient de 4.000 à 5.000 euros. De plus les stands seraient une gêne pour les enseignes installées de part et d'autres des fleuristes.

Créer de la proximité

Présent depuis 22 ans, le fleuriste Bernard Deutsch dit ne pas comprendre: «C'est à l'époque de Catherine Trautmann, que ce marché aux fleurs a été créé. Pour créer de la proximité. Si nous devons partir, mon commerce ne survivra pas. Je vais devoir licencier les employés». Un sentiment d'injustice qui ne laisse pas indifférents les clients ayant appris la nouvelle. «J'achète mes fleurs ici depuis des années car j'apprécie les conseils et l'accueil. Pourquoi ne les laisse-t-on pas travailler? s'indigne une cliente. Leur départ ne me fera pas acheter ailleurs».

«Non seulement nous formons des apprentis mais nous favorisons également les producteurs de fleurs locaux. Elles ne viennent pas de Hollande comme certains le laissent supposer», ajoute Bernard Deutsch.

«Nous étions là bien avant les autres commerces. Ils se sont installés en connaissance de cause. Ce n'est pas en enlevant aux uns que les autres vont sortir de la crise. Nous nous sommes adaptés et nous avons déplacé plusieurs fois notre stand afin de ne pas gêner les commerçants», ajoute Bernard Deutsch.

Décision au prochain Conseil Municipal

Jean-Luc Simon , le deuxième fleuriste concerné et qui partage les mêmes arguments explique qu'il est prêt à revoir la hauteur de son stand s’il occasionne une gêne. Mais que partir tuerait son commerce.

De son côté, Robert Herrmann indique que ses services ont adressé de nombreuses lettres aux fleuristes suites aux plaintes des commerçants et qu'il ne s'agit pas d'une sanction  mais du réaménagement de l'espace urbain. «La situation  évolue. On est sur l'espace public. Les commerçants non sédentaires sont amenés à bouger» précise l'élu.

La décision  sera prise au prochain conseil municipal. Un positionnement sur un marché devrait être proposé pour Bernard Deutsch et l'installation dans un kiosque situé au bout de la Grand-Rue pour Jean-Luc Simon. Des solutions inenvisageables et qui seraient destructrices regrettent les fleuristes qui ont lancé une pétition.