Strasbourg: Trois raisons de rire 24 heures avec Germain Muller

HUMOUR Le week-end prochain, se termine l'année Germain Muller. A cette occasion, il est possible de passer «24 heures» avec l'auteur et humoriste via des spectacles, des performances ou un karaoké...

Floréal Hernandez

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Pour les 20 ans de la disparition de l'humoriste alsacien Germain Muller «24 heures» lui sont consacrés les 17 et 18 octobre à Strasbourg.
Pour les 20 ans de la disparition de l'humoriste alsacien Germain Muller «24 heures» lui sont consacrés les 17 et 18 octobre à Strasbourg. — Floreal Hernandez

Germain Muller fait rigoler les anciens mais les plus jeunes ignorent qui il est et tout de son œuvre. Voici trois raisons de rire ou de partager «24 heures avec Germain Muller», les 17 et 18 octobre un peu partout dans Strasbourg.

Chantre de l'autodérision. Dans le sketch «Les Alamans», Germain Muller et sa bande arrivent en peau de bête avec des casques ornés de cornes de bêtes sur la tête. «Des traînards bêtes et grossiers», chantent-ils avant d'avouer que nous, contemporains, leur ressemblons encore beaucoup. «Son humour est sérieux mais il ne se prend pas la tête. Il est dans l'autodérision», note Roger Siffer, directeur du cabaret alsacien de la Choucrouterie et qui a «appris son métier pendant deux ans» aux côtés de Germain Muller. L'INA Grand Est a lancé deux applications multimédias pour découvrir ou redécouvrir l'œuvre de Germain Muller: un mini-site en collaboration avec la ville de Strasbourg et une déclinaison Germain Muller du jeu «télé TOP CHRONO» où il faut trouver la date d'une archive de l'INA avec l'Office pour la langue et la culture d'Alsace

 

Son humour permet de comprendre l'Alsace. Gabriel Goubet vient de sortir un documentaire Tout le Cabaret Alsacien (enfin presque tout !) où ce «Français de l'intérieur» emmène le grand public à la découverte de cette spécialité alsacienne. «L'esprit de Germain Muller est dans tous les cabarets satiriques où l'on se moque de la politique locale, du pouvoir», explique le réalisateur qui a «compris l'Alsace d'aujourd'hui grâce au Barabli».  Avec son 52', qui sera diffusé sur France 3 Alsace, le 25 octobre à 15h20, Gabriel Goubet tente d'enlever les a priori «kitsch et ringards» qui pèsent sur les revues et les cabarets alsaciens. «Le public de l'impro ou du stand up a plein de choses à aller chercher dans les cabarets», estime-t-il.

Un visionnaire. La vie culturelle strasbourgeoise doit beaucoup à Germain Muller. Car l'humoriste a également été un homme politique. De 1959 à 1989, il a été un élu en charge de la politique culturelle des municipalités de Pierre Pflimlin et de Marcel Rudloff. «Il est à l’initiative de l'Opéra du Rhin [qu'il a fondé en 1972], du Palais de la musique et des congrès, rappelle Roger Siffer. Même de l'hôtel Hilton car il avait compris que sans ce type d'hôtel, Strasbourg perdrait des clients.»