Strasbourg: «Les commentaires des lecteurs, un effet miroir» sur les romans d'Agnès Ledig

LITTERATURE Après le succès de «Juste avant le bonheur» vendu à près de 160.000 exemplaires, la Bas-Rhinoise sort un nouveau roman «Pars avec lui», ce mercredi...

Floréal Hernandez

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La romancière alsacienne Agnès Ledig.
La romancière alsacienne Agnès Ledig. — Guillaume Mouchet

Régulièrement comparée à Anna Gavalda ou à Grégoire Delacourt, Agnès Ledig sort son troisième roman Pars avec lui, ce mercredi. La sage-femme bas-rhinoise, venue à l'écriture lors de la leucémie d'un de ses fils pour tenir des bulletins de santé pour la famille et les proches, mêle les histoires de Juliette, une infirmière en réanimation, d'un jeune pompier en soin, de sa petite sœur, une ado en pleine crise... «C'est une histoire de rencontres de personnes avec des écorchures, des failles et qui se reconstruisent ensemble.»

Agnès, avec la sortie de votre troisième roman et après le succès de Juste avant le bonheur, vous allez être très sollicitée médiatiquement.

Oui, j'ai un programme de promotion chargé entre les interviews, les émissions télé ou radio, mais j'apprécie. L'an dernier, ça a été une grande découverte pour moi toutes ces sollicitations. Cette année, je les prends avec plus de plaisir et moins de stress. J'aime beaucoup la radio, j'espère en faire quelques-unes [des interviews pour RMC et France Info sont déjà programmées]. C'est un plaisir d'expliquer son livre, de raconter ce que l'on a voulu faire.

Y a-t-il beaucoup d'attentes autour de vous après avoir vendu 160.000 exemplaires de votre précédent roman?

Il en existe deux types. Il y a les lecteurs qui ont aimé le deuxième et qui veulent lire le troisième. Et ceux qui se demandent: «Le deuxième a bien marché, qu'est ce que va donner le suivant?»

Couverture de «Pars avec lui», le troisième roman d'Agnès Ledig. - Pars avec lui / Albin Michel

Que vous disent vos lecteurs lorsque vous les rencontrez?

Sur les salons, dans les rencontres, les gens sont contents de discuter avec moi, de m'exposer leur ressenti. C'est un plaisir d'avoir leurs commentaires car ça donne un effet miroir sur ce que j'écris. Quand j'écris, je ne sais pas ce qui va toucher, être retenu. Parfois, il y a des témoignages avec beaucoup d'émotions, qui sont troublants, enrichissants.

Qu'est-ce qui a changé pour vous depuis le succès de Juste avant le bonheur?

Une partie de ma vie. Je suis plus en sécurité au niveau financier. C'est confortable, ça fait du bien. Ça me permet de continuer mon métier de sage-femme  libérale sans pression financière. Sinon, ma vie de famille est la même, mes amis aussi. J'habite toujours dans ma petite maison à la campagne. Ma vie est normale. Je continue à écrire et à être sage-femme.

Pensez-vous arrêter d'exercer?

Non. J'ai un peu levé le pied en travaillant à temps partiel. Mais je tiens à mon métier, à le garder en tout cas pour l'instant. Il m'apporte beaucoup.

Vos patientes vous parlent-elles de vos romans?

Ça commence à venir. Certaines de mes patientes apprennent que j'écris. D'autres viennent me consulter car elles ont lu mes livres. Touchées par ce que j’ai écrit, elles sentent une interaction possible dans le soin, une sensibilité et un accompagnement dans ce qu'elles attendent. Mais je marque une différence entre lectrice et patiente.

Agnès Ledig fait partie des treize auteurs retenus par Pocket pour écrire une nouvelle pour les Restos du cœur. A ses côtés dans 13 à table, on retrouve Maxime Chattam, Tatiana de Rosnay, Eric-Emmanuel Schmitt, Marc Levy ou Guillaume Musso.

«J'ai dit oui tout de suite à cette proposition, je n'ai pas réfléchi. Pourtant je n'ai jamais écrit de nouvelles (sourire)», reconnaît-elle. «Très honorée» de se retrouver aux côtés de tels romanciers, Agnès Ledig est enthousiaste de participer à ce projet pour les Restos du cœur. Sa nouvelle part «d'un acte simple de générosité, un homme qui donne un morceau de pain à un petit garçon qui a faim. Ce qui change sa vie», annonce la romancière bas-rhinoise. Ce recueil sort le 6 novembre au prix de 5€. «Un livre acheté = 3 repas distribués», indiquent l'association fondée par Coluche et Pocket.