Fessenheim: Ségolène Royal «ne sait pas» si la centrale fermera

NUCLEAIRE Interrogée dimanche sur Europe 1, la ministre de l'Ecologie a indiqué ne pas savoir quels réacteurs allaient fermer dans le cadre de la transition énergétique...

Alexia Ighirri
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Centrale nucléaire de Fessenheim. Le 20 11 2008
Centrale nucléaire de Fessenheim. Le 20 11 2008 — G. VARELA / 20 MINUTES

La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim devait intervenir en 2016, selon une promesse de François Hollande. Faisant ainsi de la plus vieille centrale du parc français un symbole pour les anti comme les pro-nucléaire.
Mais, interrogée dans l'émission d'Europe 1 «Le Grand Rendez-vous» dimanche, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a déclaré qu'elle ne savait «pas encore» si c'est Fessenheim qui fermera ses portes dans le cadre du projet de loi sur la transition énergétique.

«Normalement c'est Fessenheim que l'on ferme, a-t-elle déclaré. Il faudra en effet lorsque Flamanville va ouvrir, en 2016, fermer deux réacteurs. (...) Le choix des réacteurs qui vont fermer ne relève pas du domaine de la loi.» La loi sur la transition énergétique arrive, elle, mercredi devant l’Assemblée.

Les associations «vigilantes»

Les propos de Ségolène Royal ont forcément fait réagir les associations antinucléaires: «Cette déclaration est très ambiguë puisqu'on a l'impression qu'elle ne veut pas trahir François Hollande, mais qu'il y a aussi une sorte de marché qui se règle en coulisse», estime André Hatz, porte-parole de l'association Stop Fessenheim, qui prévient que les associations resteront «très vigilantes. En Alsace, on ne laissera pas faire.»

Le militant antinucléaire avance que 449 élus ont lancé un appel solennel entre 2008 et 2011 pour la fermeture de Fessenheim, que 77 communes d'Alsace et une centaine d'autres allemandes et suisses ou encore des collectivités territoriales lorraines ont adopté des motions pour exiger la fermeture immédiate de la centrale. «Ce n'est pas seulement l'affaire de trois ou quatre élus de proximité. Si Fessenheim nous pète à la figure, ça ne concernera pas que le périmètre immédiat», poursuit André Hatz qui rappelle que la centrale «est construite sur une faille sismique. Et le candidat François Hollande en était parfaitement conscient».