Strasbourg: Que peut-on encore apprendre sur la Grande Guerre?

EXPOSITIONS Jusqu'au 30 janvier, les Archives municipales commémorent le Centenaire 14-18 sous l'angle de la vie quotidienne des Strasbourgeois...

Alexia Ighirri

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Strasbourg, le 24 septembre 2014 : une exposition aux archives muncipales de Strasbourg est consacree a la ville durant la premiere guerre mondiale
Strasbourg, le 24 septembre 2014 : une exposition aux archives muncipales de Strasbourg est consacree a la ville durant la premiere guerre mondiale — Alexia Ighirri/20 Minutes

On pense à peu près tout savoir de la Première Guerre mondiale. Dans le flot des expositions ou manifestations consacrées à la Grande Guerre dont on commémore le centenaire, les Archives municipales ont ressorti environ 150 documents (photographies, affiches, plans et même certificats médicaux ou avis de décès authentiques) pour raconter le quotidien des Strasbourgeois, laissant au loin les conflits. Avec «Strasbourg en guerre 1914-1918: une ville allemande à l'arrière du front», les Archives municipales ont mis en lumière des anecdotes, des petites histoires dans la grande, souvent méconnues ou oubliées.

Les premiers jours en guerre. Le 1er août au soir, les Strasbourgeois découvrent l'ordre de mobilisation qui débute dès le lendemain. La région voit alors le passage des troupes. Une photographie du cantonnement au restaurant de l'Orangerie en 1914 montre que les casernes ne suffisent pas à héberger les nombreuses troupes venues de tout l'Empire et transitant par Strasbourg pour monter au front en Lorraine ou Champagne. Dans le cadre d'un Armierungsplan (plan d'armement) environ 40.000 travailleurs et une garnison de 60.000 hommes vont entamer des travaux visant à défendre la ville. Ils ne s'achèveront qu’en avril 1916. Environ 1.000 ouvrages de béton
de toutes tailles, des kilomètres de tranchées et de réseaux barbelés ont été édifiés de Strasbourg à Mutzig sur un front d’à peine 30 km.

Les hôpitaux. De deux hôpitaux militaires en temps de paix, Strasbourg passe à 38 avec la guerre. Dès le début du mois d'août, l’armée réquisitionne de nombreux bâtiments publics et privés pour accueillir les blessés venus du front. En témoigne cette vue aérienne exposée, où l'on voit le toit du lycée les Pontonniers recouvert de l'emblème de la Croix rouge. Au total, entre Strasbourg, Schiltigheim et Kehl, 58 édifices sont ainsi réquisitionnés. Entre le début d’août et la fin septembre 1914, les hôpitaux de Strasbourg ont déjà traité quelque 44.000 blessés.

Reconstitution d'une école transformée en hôpital dans une exposition aux Archives municipales de Strasbourg consacrée à la ville durant la Première Guerre mondiale. - Alexia Ighirri/20 Minutes

Les privations. Les ressources allemandes s'épuisent progressivement. Les autorités organisent alors des campagnes de collecte d'objets domestiques pour les faire fondre et les transformer en armes. Surtout, elles commencent à diffuser des plaquettes d'informations et de conseils (Livre de cuisine de guerre, Vingt commandements pour la ménagère allemande, etc.) pour modifier les habitudes alimentaires de la population. On conseille de remplacer le café ou le thé par des ersatz, de manger du fromage plutôt que de la viande, et on encourage la culture et la cueillette des orties.

En marge de cette exposition, qui fait suite à «Strasbourg, Belle Epoque» (consacrée à la vie avant la Grande Guerre), des visites-conférences sont proposées les dimanches 5 octobre, 2 novembre, 7 décembre et 4 janvier à 15h. Une visite traduite en langue des signes est prévue le dimanche 19 octobre à 15h. Visites guidées sur demande.