Strasbourg: Le café suspendu ne tient qu'à un fil

CONSOMMATION Depuis près un an, des restaurants et des boulangeries à Strasbourg ont mis en place le «café suspendu», le «plat en attente» ou la «baguette suspendue». Des initiatives solidaires dont l'équilibre est précaire...

Floréal Hernandez

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Strasbourg, le 16 septembre 2014 - Le restaurant Bistrot et Chocolat à Strasbourg poursuit son initiative du "café suspendu".
Strasbourg, le 16 septembre 2014 - Le restaurant Bistrot et Chocolat à Strasbourg poursuit son initiative du "café suspendu". — Floreal Hernandez

La cagnotte de Bistro et Chocolat compte plusieurs facturettes. «On a un peu d'avance», note Marie Abitbol, qui gère le restaurant avec son mari. Sur les tickets, des cafés, des plats du jour ou autres payés par des clients et «suspendus» ou «en attente» d'un autre client le plus souvent démuni. L'établissement, situé à deux pas de la cathédrale de Strasbourg, applique depuis près d'un an le concept du «café suspendu» et ses habitués ont adhéré.

«Des touristes aussi, après explication de l'initiative, souligne Marie Abitbol. Par semaine, on a près de quinze cafés et trois plats qui sont suspendus.» Parmi les bénéficiaires de ces dons en nature, des SDF, des personnes fréquentant l'association de lutte contre la toxicomanie (ALT) située rue Sainte-Catherine...

La «baguette suspendue» proche du four

Au pain de mon grand-père à la Krutenau, on pratique la «baguette suspendue». Mais à la boulangerie, on reconnaît que l'opération ne fonctionne pas bien faute de communication. Le panonceau indiquant l'opération n'est pas très visible. «On doit avoir deux ou trois baguettes suspendues par semaine, décompte Mathilde, l'une des vendeuses. Mais tous les soirs, une ou deux personnes viennent voir s'il y a une baguette suspendue.»

A l'extérieur de la boutique, Serge discute avec les clients, jette un œil sur le vélo non attaché d'un acheteur de pain mais ne profite pas des baguettes qui peuvent être suspendues. «Non, il y en a rarement.» Il ne va pas non plus prendre un café à Bistrot et Chocolat malgré l'invitation de Marie Abitbol qui se fournit en pain dans la boulangerie.

«Remerciés dix fois»

«Les personnes qui viennent bénéficier d'un café suspendu ou d'un plat en attente sont discrètes, timides, souligne la restauratrice. Elles nous remercient dix fois. De petites conversations s'installent mais elles restent très réservées.» Des bénéficiaires qui restent occasionnels à Bistrot et Chocolat.