Strasbourg: «Le cartable est une valeur sûre»

CONSOMMATION Les parents ont-ils résisté aux sirènes de la rentrée ou dépenser sans compter pour habiller leurs petites têtes blondes. Témoignages…

Gilles Varela

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Strasbourg le 02/09/2014. Rentrée des classes 2014. Cartables neufs. Illustration
Strasbourg le 02/09/2014. Rentrée des classes 2014. Cartables neufs. Illustration — G. Varela / 20 Minutes

Il est loin le temps où l’on pouvait croiser les écoliers habillés de neuf des pieds à la tête, endimanchés diront d’autres. La crise semble également prendre le chemin de l’école et il n’est pas certain que cette année encore les parents choisissent de consacrer 60 % du budget de la rentrée (moyenne Insee) à l’habillement et aux chaussures.

Nathalie, maman d’Antoine, 8 ans, regarde avec admiration son fils qui s’éloigne peu à peu dans la cour de l'école. Pas de doute, son cartable tout neuf est porté avec fierté, presque comme un trophée. «J’ai cédé. Ce n’était pas vraiment prévu, ni nécessaire. Mais il fallait quelque chose qui se voit, pour les copains, le cartable est une valeur sûre. C’est un jour différent. Avant j’avais toute la panoplie. Mais c’est difficile en ce moment et j’ai déplacé le curseur des dépenses. Je préfère consacrer mon budget aux activités sportives, culturelles et surtout anticiper les prochaines vacances qui vont arriver si vite car il va bien falloir trouver des activités», regrette la maman.

«J’ai acheté utile, c’est fini la grande vie»

Même sentiment pour Marie, 31 ans et maman de Lola, 7 ans. «Elle a de nouvelles chaussures, j’ai acheté utile, c’est fini la grande vie! Je suis obligée de faire attention, tout est cher. C’est très serré cette année. Je pense que son cartable va aller au bout. En tous les cas avant on en changeait chaque année mais cette fois-ci je vais attendre, ça devrait tenir. Quant à Alain, papa d’un petit garçon de 6 ans, un cartable neuf chaque année, «c’est primordial. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour le faire aller à l’école. Cette carotte va fonctionner au moins une semaine et puis je garde son ancien cartable pour lui faire un sac de sport, je recycle», plaisante-t-il.

Ahmed, 9 ans, a le «total look». Pas question de gâcher l’instant. Nouvelle coupe de cheveux, baskets derniers cris, petite veste élégante, cartable de marque, il semble sûr de lui. «C’est important le premier jour, je n’ai pas envie qu’on se moque de moi, sinon je vais le payer tout le reste de l’année» assure-il.

«Ça se fait plus quand on est au lycée»

Pas de problème non plus pour Agathe, 15 ans: «Mes parents m’ont donné un petit budget pour mes vêtements de rentrée. J’en ai profité et j’ai tout mis dans des bottines avec des talons. C’est l’occasion et puis de toute façon, ça se fait plus quand on est au lycée, c’est la honte d’arriver avec des vêtements neufs. Il faut que ce soit vintage ou au moins un peu usé. J’ai mis mon nouveau pull cet été pour le faire. Je ne veux pas être "pinguinée". J’ai juste mis mon argent perso dans un nouveau sac, mais c’est un accessoire».

Vêtements neufs ou pas, les enfants rencontrés ce mardi matin semblaient impatients de se retrouver et les parents content d’être… en vacances.