Le mariage gay pas encore béni

Alexia Ighirri

— 

Le président de l'Uepal, Christian Albecker, au premier plan.
Le président de l'Uepal, Christian Albecker, au premier plan. — G. Varela / 20 Minutes

La bénédiction pour tous, ce n'est pas pour tout de suite. La question pourrait être réexaminée à partir de 2017. Jusque-là, la position adoptée par la Communion protestante luthéro-réformée le 1er février 2004, qui jugeait qu'« il n'est pas opportun d'envisager un culte de bénédiction qui entretiendrait la confusion entre couple homosexuel et hétérosexuel », reste en vigueur indique l'Union des églises protestantes d'Alsace et de Lorraine (Uepal).

Pour rappel, contrairement à la tradition catholique, le mariage n'a pas de caractère sacré pour les protestants, qui célèbre des bénédictions pour des couples mariés civilement.

« Une décision sage »


Réunie en assemblée à Wingen-sur-Moder samedi et dimanche (et après six mois de consultations menées par des groupes de travail), l'Union n'a, en effet, pas trouvé de consensus pour ou contre la bénédiction des couples mariés de même sexe. Le oui comme le non n'atteignant pas les 50 %, la part d'indécis étant importante, l'assemblée – qui avait fixé la majorité aux deux tiers – a alors décidé de surseoir.

A l'impression que la montagne accouche d'une souris, le président de l'Uepal Christian Albecker assure que « ce n'est pas une non-décision. C'est une décision sage et courageuse ».

Le courage, l'Uepal estime en avoir fait preuve en inscrivant cette question à son agenda, s'exposant selon sa présidence à un risque de division en interne et avec les autres églises.

Le résultat final, communiqué dimanche, est notamment dû à deux désaccords : l'interprétation des Ecritures et la définition de la bénédiction. « On n'est pas encore mûrs. Le temps de l'Eglise est un temps lent », tient à rappeler le président de l'Uepal.