Le Parlement, une aura pour la ville

Alexia Ighirri
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Lors des sessions, le Parlement de Strasbourg accueille entre 5 000 et 8 000 personnes.
Lors des sessions, le Parlement de Strasbourg accueille entre 5 000 et 8 000 personnes. — G. Varela / 20 Minutes


En accueillant sur son territoire le siège du Parlement européen en 1952, la capitale alsacienne a pris des allures de capitale européenne. D'autant plus qu'elle accueille aussi le Conseil de l'Europe, l'Eurocorps, Arte, la Fondation européenne de la science ou encore des consulats. Et tout ceci pèse symboliquement et économiquement sur l'agglomération.



5 200 emplois directs



Selon l'étude du cabinet EDR, effectuée en 2010 pour le contrat triennal 2012-2014, ces institutions créent 637 millions d'euros de valeur ajoutée (soit 3, 7 % de la valeur ajoutée du territoire de la Communauté urbaine de Strasbourg et de Kehl). Leur présence a aussi pour conséquence l'existence de 11 230 emplois au total, soit 4, 3 % de l'emploi du territoire, dont 5 200 directs. Si seules 223 personnes travaillent en permanence au Parlement, celui-ci accueille 5 000 à 8 000 personnes (parlementaires et attachés, lobbyistes, journalistes, etc.) lors des sessions. Cela a des effets sur le marché des chauffeurs de taxi ou de l'hôtellerie, par exemple. Le parc strasbourgeois est ainsi passé de 3 000 chambres en 2010 à 10 000 aujourd'hui, selon le rapport « Le siège dans tous ses états, 2 ans après » réalisé par l'Association européenne des jeunes entrepreneurs (AEJE). «C'est la deuxième ville de France qui a le plus de chambres, derrière Paris », souligne Pierre Loeb, le président de l'AEJE.

Selon lui, la valeur des institutions européennes est davantage symbolique. Bien que difficile à chiffrer : « Là où c'est intéressant, c'est sur l'attractivité et le rayonnement de la ville. Pour l'attribution des congrès, au lieu d'être en concurrence avec des villes de province comme Metz par exemple, elle l'est avec des capitales d'Etat. »

■ Ecologiquement, une institution modèle

Selon le rapport de l'AEJE, l'empreinte carbone du Parlement à Strasbourg est de 3 250 tonnes de CO2. « C'est extrêmement peu. Ça équivaut à 4 étapes du Tour de France », juge le président de l'association. Celle-ci conclut que c'est « le site le plus écologique des lieux de travail du Parlement européen ».