L'arbre avait tué 13 personnes, la ville de Strasbourg jugée

JUSTICE La responsabilité de la ville est examinée à partir d'aujourd'hui dans ce drame qui a fait treize morts…

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Le procès du drame de Pourtalès, qui a fait 13 morts et une centaine de blessés en juillet 2001, s'est ouvert lundi matin au tribunal de grande instance de Strasbourg.
Le procès du drame de Pourtalès, qui a fait 13 morts et une centaine de blessés en juillet 2001, s'est ouvert lundi matin au tribunal de grande instance de Strasbourg. — Martin Bureau AFP/Archives

La responsabilité présumée de la ville de Strasbourg dans le drame de Pourtalès est examinée à partir d'aujourd'hui devant le tribunal correctionnel.


Le 6 juillet 2001, lors d'un concert en plein air, la chute d'un platane centenaire avait entraîné la mort de treize personnes et en avait blessé une centaine d'autres, dont certaines resteront paralysées à vie. Un fort coup de vent, qualifié de «mini-tornade» par certains, avait déraciné l'arbre d'un poids de soixante-dix tonnes. Il s'était abattu sur une tente aménagée en buvette, où s'étaient réfugiés des spectateurs en attendant une accalmie.

Jugée jusqu'au 23 février pour «homicides et blessures involontaires» dans une ancienne agence bancaire spécialement aménagée en salle d'audience rue Jacques-Kablé, la ville de Strasbourg est poursuivie en tant que personne morale. Elle sera représentée par son actuel directeur général des services, André Thomas. Considérée par la justice comme l'organisatrice du spectacle, ce qu'elle conteste, la ville n'aurait pas suffisamment pris la mesure du risque que constituaient les arbres fragilisés par la tempête de décembre 1999. Elle n'aurait également pas exploité un bulletin régional d'alerte météo, annonçant ce soir-là des orages violents accompagnés de rafales de vent atteignant 80 km/heure.

Quelques jours après le drame, le préfet avait évoqué la «fatalité». Une notion rejetée par l'association Solidarité Pourtalès, qui regroupe des victimes du drame et leurs familles : «Nous voulons savoir si les procédures ont été respectées dans l'enchaînement des décisions prises pour l'organisation du concert, puis dans l'information sur la météo.»

Jeanne Mahé

Les 92 parties civiles témoignent cette semaine. Suivront les experts, le représentant de la ville et les plaidoiries. Réquisitoire prévu le 21 février. La ville a exprimé sa « vive compassion » à l'égard des victimes.