Roland Ries: «Je ne peux pas ne pas penser à 2008»

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Roland Ries

Conseiller municipal (PS) et ancien maire de Strasbourg. Il publie L'Alsace et la gauche.

Vous décrivez dans votre livre le positionnement de la municipalité comme « celui d'une droite autoritaire et bonapartiste », pourquoi ?

Pour le Tandem [Fabienne Keller et Robert Grossmann (UMP)], l'opposition n'a pas forcément de fonction. La seule chose qui compte pour eux, c'est la majorité. Il y a une manière de mépriser l'opposition, alors que la démocratie se mesure justement à la place qu'on lui donne.

Vous critiquez également sa gestion financière...

L'endettement est en hausse. Les grands équipements, comme le Zénith, sont financés par des emprunts, c'est-à-dire les impôts de demain. Leurs frais de fonctionnement grossiront la dette. De ce fait, quelle que soit l'équipe en place après les municipales de 2008, les impôts augmenteront en 2009.

Vous vous en prenez aussi au traitement du dossier de la future mosquée, projet lancé en 1998 et qui pourrait voir le jour au printemps 2008...

Il n'y a pas de volonté politique forte dans ce dossier. Résultat, on a juste maintenu le futur lieu de prière, en enlevant les espaces culturels initialement prévus. Aucune mosquée n'a jamais été aussi encadrée en France. Le Tandem craint peut-être que son électorat voit d'un mauvais oeil l'aide à la construction de la mosquée ?

Serez-vous oui ou non candidat aux municipales ?

Je ne dis ni l'un, ni l'autre. Lorsque j'ai commencé ce livre, je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire. Aujourd'hui, on s'en rapproche et je ne peux pas ne pas penser à 2008. Mais il y a d'autres échéances avant.

Recueilli par Philippe Wendling

Dans L'Alsace et la gauche (Le Verger, 15 e), disponible en librairie dès ce matin, Roland Ries revient sur l'histoire de la gauche locale, ainsi que sur ses mandats de maire de Strasbourg (1997-2000) et de sénateur.