Dialogue de sourds autour du camp

©2006 20 minutes

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Les Enfants de Don Quichotte Strasbourg et la préfecture ne se parlent plus. « Malgré la main tendue par les pouvoirs publics, les négociations n'ont pu aboutir », a déclaré hier matin le sous-préfet, Eric Etienne, à l'issue d'une réunion avec une délégation de l'association. D'après le haut fonctionnaire, le mouvement a refusé les solutions d'hébergement d'urgence comme de stabilisation ainsi que les places d'hôtel proposées par la préfecture. Pour le sous-préfet, les responsables de l'association « prennent de grands risques à laisser volontairement des gens à la rue avec des températures si basses ». Chez les Enfants de Don Quichotte, le blocage vient plutôt de la préfecture : « On est d'accord pour accepter des places d'hébergement, mais la préfecture ne nous offre aucune garantie quant à une solution durable pour ceux qui les intégreront », explique Renaud Engel, l'un des responsables du mouvement.

Les négociations rompues, les entretiens individuels pour examiner la situation des SDF s'en trouvent bloqués. « Je n'ai toujours pas de liste de noms et ne peux donc pas mandater les travailleurs sociaux de la Fnars (Fédération d'associations spécialisées dans la réinsertion sociale) », déplore le sous-préfet. « La Fnars a les noms et pourrait commencer son travail, répond Renaud Engel. Monsieur Etienne refuse d'appliquer les directives de Jean-Louis Borloo, qui a désigné la Fnars pour réaliser les entretiens. » Sur le campement, certains envisagent désormais la possibilité d'organiser une manifestation.

Jonathan Barbier

Zohra Hamou-Lhadj, déléguée régionale de la Fnars, a annoncé hier que « même sans mandat, nos travailleurs sociaux débuteront rapidement les entretiens individuels pour commencer à monter les dossiers ».