Buffler brigue l'Elysée sans bluffer

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Il ne veut surtout pas passer pour un iconoclaste et croit sincèrement en sa victoire. « Je suis un citoyen candidat. Ce n'est pas parce que je ne suis membre d'aucun parti politique que je ne suis pas légitime pour me présenter », indique Marc Buffler. A 37 ans, ce Strasbourgeois s'est autoproclamé candidat à l'élection présidentielle le 6 janvier et le fait savoir par communiqués de presse. « Cette annonce dérange et je subis déjà des pressions : je reçois des appels où mes interlocuteurs restent silencieux avant de raccrocher », lâche Marc Buffler. Cadre commercial licencié en 2001, il est désormais porteur de journaux, bénéficie d'un maigre complément de RMI. Et se définit comme sans domicile fixe. « Je vis chez ma mère à titre gracieux. Si elle veut me mettre dehors, elle peut. »

La politique, il est tombé dedans au milieu des années 1970, quand, encore écolier, il sert la main de Valéry Giscard d'Estaing en voyage dans la région. « Depuis, je suis en veille », assène-t-il. Et aujourd'hui, Marc Buffler se réveille. « Le pays en est à mille milliards d'euros de dette. Je ne veux pas laisser cela à mes enfants. Il faut agir. » Pour réduire l'endettement public, qui est son principal cheval de bataille, il préconise « une concentration des pouvoirs pour réduire le nombre des ministères, une diminution du train de vie des ministres et une gestion globale à la suédoise ». Obstacle de taille sur le chemin qui mène à l'Elysée : obtenir les 500 signatures d'élus indispensables pour valider sa candidature. « J'ai une stratégie pour y parvenir, indique-t-il, mystérieux. Et j'ai largement le temps, il me reste deux mois », fait-il remarquer, avant de conclure : « J'ai vraiment toutes mes chances. »

Jonathan Barbier

Le Conseil constitutionnel a fixé au vendredi 16 mars la date limite de dépôt des 500 signatures de parrainage des élus. Marc Buffler indique simplement « en avoir déjà récolté quelques-unes ».