La géothermie réchauffe le débat

©2006 20 minutes

— 

La géothermie, qui consiste à utiliser la chaleur naturelle du sous-sol pour se chauffer ou produire de l'électricité, fait l'objet d'une polémique après des séismes de faible magnitude provoqués par la construction d'une centrale géothermique près de Bâle. Dans une lettre adressée au préfet du Haut-Rhin et aux autorités suisses, le député-maire de Saint-Louis, Jean Ueberschlag (UMP), exige l'arrêt définitif du chantier. « Les secousses se succèdent (...) beaucoup de personnes ont signalé des dégâts sur leurs biens », s'inquiète l'élu. D'une magnitude de 2,5 à 3,4 sur l'échelle de Richter, les mini-séismes ressentis entre le 8 décembre et samedi dernier ne sont pas les premiers.

Un phénomène similaire s'est produit au nord de l'Alsace, près de la centrale géothermique expérimentale de Soultz-sous-Forêts. On y a enregistré un petit tremblement de terre d'une magnitude de 2,9 en juin 2003. « C'est l'équivalent d'un gros rouleau compresseur qui passerait dans votre rue », indique Daniel Fritsch, cogérant et chef de ce projet pilote. Pour comprendre, il faut se représenter le sous-sol comme un mille-feuille de couches géologiques traversées de failles. Or, le principe de la géothermie profonde est de faire circuler de l'eau dans des puits de plusieurs kilomètres. Elle se réchauffe au contact des roches du sous-sol, avant de remonter à la surface. Là, elle entraîne une turbine qui produit de l'électricité (voir infographie). Le volume et la pression d'eau doivent donc être rigoureusement contrôlés pour ne pas provoquer des mouvements de terrains dans le sous-sol en exerçant une trop forte pression sur les failles.

L. M.

L'usine géothermique de Soultz-sous-Forêt a été imaginée il y a vingt ans. Elle compte aujourd'hui trois puits. Une turbine de 1,5 mégawatt y sera ajoutée pour produire de l'électricité pour 1 500 à 2000 personnes.