« La bande dessinée aun problème de mémoire »

Propos recueillis par Floréal Hernandez
— 
Olivier Bron et Simon Liberman rééditent deux albums de jeunesse de l'illustrateur strasbourgeois Gustave Doré.
Olivier Bron et Simon Liberman rééditent deux albums de jeunesse de l'illustrateur strasbourgeois Gustave Doré. — G. Varela / 20 Minutes


Une couverture cartonnée, un dos toilé et une reliure cousue, les éditions 2024 – fondée par Simon Liberman et Olivier Bron en 2010 – soignent les ouvrages qu'elles publient. Le fond est à la hauteur de la forme avec des auteurs comme Guillaume Chauchat ou Simon Roussin et même Gustave Doré. L'illustrateur strasbourgeois du XIXe siècle connaît une seconde jeunesse avec la réédition de Des-agréments d'un voyage d'agrément et Histoire pittoresque et caricaturale de la Sainte Russie, deux albums dessinés à tout juste 20 ans.


Qu'est-ce qui pousse une jeune maison d'édition à publier un illustrateur du XIX

e

 siècle ?


SL :

 Je suis tombé par hasard sur 

Des-agréments d'un voyage d'agrément

 à la bibliothèque. Je l'ai emprunté par curiosité avec l'a priori que, si ce n'est pas très connu, c'est que ça doit être intéressant mais ennuyeux. Mais non, c'est génial, super drôle et ça se lit d'une traite. Je l'ai fait découvrir à Olivier et on s'est dit que c'était logique d'éditer à Strasbourg un auteur strasbourgeois. Notre catalogue est axé sur de jeunes auteurs avec une démarche, des expérimentations. Doré est rafraîchissant et inventif encore aujourd'hui.


OB :

 On veut faire du patrimoine. La BD a un problème de mémoire car il y a une obsession pour la nouveauté.


Il n'y avait pas de droit sur l'œuvre…


OB :

 Non. Mais le souci était de trouver un exemplaire de bonne qualité pour le rééditer. La dernière édition de 

La Sainte Russie

 n'était pas complète. On a pu s'appuyer sur le fond Doré qu'il y a dans les musées strasbourgeois. Le gros boulot a été sur la typographie car à l'époque, ça coûtait cher et ils rognaient sur ce budget.


Allez-vous rééditer les deux autres BD de jeunesse de Gustave Doré ?


SL :

 A voir car on est moins convaincus de l'intérêt. Par contre, pourquoi ne pas éditer des planches du 

Journal pour rire

. C'est à creuser.