Les mineurs au coeur d'un débat brûlant

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Les réactions sont nombreuses après le communiqué de Fabienne Keller et de Robert Grossmann. Lundi soir, la maire (UMP) de la ville et le président (UMP) de la CUS ont réclamé l'abaissement de l'âge de la majorité pénale après les violences urbaines de la Saint-Sylvestre. Sur les trente-neuf personnes interpellées par la police, vingt-cinq sont des mineurs, dont quatorze ont moins de 16 ans et deux sont âgées de 8 à 10 ans.

Pour l'opposition socialiste, ledit communiqué sonne comme « un constat d'échec pour la majorité, qui botte en touche », selon Robert Herrmann, conseiller municipal. « Il y a cinq ans, elle a fait sa campagne électorale sur le thème de Strasbourg, capitale des villes brûlées. Aujourd'hui, de ce point de vue, le tandem Keller-Grossmann a failli », estime l'élu.

Pour certains travailleurs sociaux, la recrudescence des violences, qui intervient après un net recul en 2005, doit être relativisée. « Il y a dix ans, c'était une vraie folie dans certains quartiers lors du réveillon. Au moins, il n'y a plus d'affrontement, souligne Mohamed Khettab, responsable de la section jeune du centre socioculturel de Cronenbourg. Plus que par révolte, les plus jeunes agissent par mimétisme. »

D'après cet animateur, « les parents n'ont pas démissionné, mais ils n'ont pas conscience que la loi du groupe est parfois plus forte que l'autorité parentale ». A l'instar d'autres professionnels du secteur social, Mohamed Khettab préconise « un investissement permanent des associations sur le terrain ».

Jonathan Barbier

Pour le syndicat policier SGP-FO, « l'abaissement de la majorité pénale est devenu une nécessité, en parallèle à un travail de prévention en direction des parents. »