Du dancing familial au music-hall

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Au Royal Palace de Kirrwiller, pas besoin de sortir le smoking pour assister au spectacle de cabaret. Ici, contrairement au Lido ou au Moulin-Rouge, le public n'hésite pas à venir en bras de chemise.

« Je veux rêver », la revue proposée en décembre, fait salle comble. Située à une trentaine de kilomètres au nord de Strasbourg, en bordure des champs et à côté des maisons à colombages, l'immense bâtisse blanche qui accueille le Royal Palace ressemble un peu à un décor de cinéma. C'est le plus important music-hall de province. D'une surface de 6 500 m2, il comprend deux restaurants de 800 et 150 couverts ainsi qu'un théâtre de 1 000 places. Le côté kitsch de la décoration a plutôt l'air de séduire les touristes. En cette période de Noël, le site accueille plus de 10 000 clients par semaine, souvent des retraités ou des comités d'entreprise venus de toute la France et des pays frontaliers. Le week-end, les jeunes couples sont plus nombreux.

A l'origine de cette success story : Pierre Meyer, cuisinier de formation. Il a construit sa réussite étape par étape. On est loin de la petite auberge-dancing de ses parents, reprise il y a vingt-six ans. Pour convaincre le public, le maître des lieux s'est notamment entouré d'artistes de treize nationalités, qui composent l'équipe du ballet et des attractions. Comme Pippa, danseuse australienne, meneuse de la revue, qui a beaucoup voyagé avant de poser ses valises en Alsace, où elle dit « apprécier le calme » du village. Aux différentes chorégraphies où défilent les danseuses, vêtues de strass et de plumes, succèdent des numéros acrobatiques.

Une recherche sur les variations d'ambiance a été effectuée. « On ne peut pas faire les choses comme il y a trente ans, explique Pierre Meyer. On s'est modernisé. » Le Royal Palace a aussi fait évoluer son public en proposant, depuis une dizaine d'années, un spectacle de Noël et un goûter animé pour les enfants.

A. M.