Les Suchard fondent pour Ségolène Royal

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Ségolène Royal avait rendez-vous hier avec les salariés et la direction de Suchard. Arrivée peu avant 18 h, la candidate socialiste à l'élection présidentielle a été accueillie par Armand Jung, député (PS) du Bas-Rhin, qui organisait ce déplacement. Juste avant le débat participatif consacré aux questions économiques et aux délocalisations organisé à Illkirch (lire page 8), cette visite cadre bien : le groupe Kraft Foods, dont dépend Suchard, avait annoncé en septembre la suppression de 123 postes sur 380, malgré une belle santé financière.

Après la bousculade de rigueur avec les journalistes, Ségolène Royal s'est entretenue une dizaine de minutes avec la direction. Directe, la candidate interroge : « Pourquoi ces licenciements malgré vos bénéfices ? » Réponse d'Enrico Degiorgi, le directeur : « Il y a des exigences de compétitivité. Notre priorité sera de limiter les conséquences sociales. » Insatisfaite, Ségolène Royal propose « un moratoire sur les licenciements au cours duquel [Suchard pourrait] lancer une filière d'innovation sur des produits porteurs. » Embarrassée, la direction reste évasive et les deux parties conviennent de se rappeler le lendemain. Au pas de course, la candidate rejoint ensuite la quinzaine de salariés, qui ont tout juste le temps d'évoquer leurs angoisses. « Au-delà des 123 emplois, c'est la viabilité du site qui est menacée », explique Patrick Gallien, de la CFTC. Et Ségolène Royal de s'indigner : « Ce sont des licenciements de conforts et moi je dis non. » Applaudissements dans la salle, avant qu'elle ne file au meeting. A l'extérieur, un ouvrier commente : « Sarkozy peut aussi venir nous voir s'il le souhaite, on est preneur. »

J. B.

La direction s'était engagée, fin septembre, à rapatrier sur son site 1 200 tonnes de productions annuelles, mais sans fixer de délai. Selon la CFTC, les emplois qui en découleront seront confiés à des CDD.