Les trésors de l'art vodou

Alexia Ighirri

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Ce n'est pas un musée comme les autres qui a ouvert ses portes au public vendredi*. Les représentations du dieu crocodile Atchakpa, des Guèlèdè, des revenants Egungun et autres statuettes et objets du culte vodou africain ont élu domicile à l'ancien château d'eau du quartier de la gare. Un monument historique du XIXe siècle sublimement rénové à cette occasion.

Ce musée vodou a vu le jour à l'initiative de Marc Arbogast, ancien président de la brasserie Fischer-Adelshoffen : passionné par l'Afrique et le vodou, ce sont aujourd'hui plus de 200 pièces de sa collection – un millier d'objets au total – qui sont exposées.

« Rien d'effrayant »


« Pour moi, c'est surtout la fin d'un gros boulot (deux ans et demi de préparation). C'est l'association Curio qui gère la partie visite et programmation scientifique. Moi je ne veux m'occuper que de la collection », sourit-il.

Le musée est organisé sur trois niveaux aux ambiances différentes. Les statuettes et vitrines ont investi le premier étage quand les grandes silhouettes occupent le dernier niveau. Entre ces deux univers modernes, un troisième beaucoup plus sombre : là où un énorme masque du gardien de la nuit côtoie quelques crânes.

« Mais il n'y a rien d'effrayant dans l'art vodou », prévient Marc Arbogast, jugeant que les gens « sont surpris de la qualité de la scénographie et de la rénovation du lieu». «Ceux qui aiment l'art contemporain sont sensibles à l'art vodou », ajoute-t-il. Et rassurez-vous, les objets exposés ont certes tous servis, « mais ils n'ont pas été nourris depuis très longtemps donc leur force a diminué », dixit le guide du musée.

■ L'université s'y intéresse également

L'université de Strasbourg organise une manifestation culturelle intitulée « Hémisphères vodous », proposant jusqu'au 10 février, expositions et performances à travers la ville (www.hemispheres-vodous.unistra.fr). Le président de l'office de tourisme, Jean-Jacques Gsell, se réjouit « que le plus grand musée vodou d'Europe se trouve à Strasbourg » et y voit « une activité de plus pour la ville qui peut vraiment attirer les touristes ».