Le Shadok prône les essais

Floréal Hernandez

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Géraldine Farage, responsable du Shadok, allie la parole aux gestes.
Géraldine Farage, responsable du Shadok, allie la parole aux gestes. — G. Varela / 20 Minutes

Géraldine Farage amorce la pompe du Shadok. La future « fabrique du numérique » de la ville, dont l'ouverture au grand public est prévue début 2015, a lancé son premier événement la semaine dernière : le concours de son mobilier*. Car l'espace de 2 000 m2 situé au Pôle Seegmuller a vocation à créer… ou pas. « Le Shadok est un lieu d'expérimentation numérique où l'on pourra réussir mais aussi échouer, souligne sa responsable. Les mains se joignent à la parole dans son explication. Il n'y aura pas de résultat demandé à la fin. Le Shadok servira de leviers à des projets. »

Double culture


Pour les mener à bien, il y aura un fablab – un laboratoire de fabrication muni d'imprimantes 3D, de fraiseuse numérique, etc. – géré par le collectif de créateurs AV.Lab. La Plage Digitale, espace de coworking actuellement route du Rhin, s'y installera et l'on trouvera aussi des studios pour la création de musique numérique ou de montage, des espaces d'exposition… Ces composantes animeront le site et seront rejointes par des artistes en résidence, des partenaires extérieurs.

Géraldine Farage reconnaît que tout cela peut paraître abstrait. Sa mère lui a signifié après la lecture du dossier de presse. Le maire de Strasbourg lors de la présentation du projet a reconnu « des moments d'incompréhension » au départ. « Mais il y a un écosystème qui se crée. Aujourd'hui, tout le monde sait ce qu'est une imprimante 3D », note la jeune femme à la double culture franco-libanaise qui se prédestinait à travailler dans la coopération internationale. Elle a débuté sa carrière dans ce domaine à Marseille en 2010 au sein d'une structure spécialisée dans les arts numériques. « C'est comme ça que je suis tombée dedans », sourit-elle. Mais la culture « BD, mangas, fantastique, jeux vidéos » ne lui était pas inconnue. « J'ai des grands frères », explique Géraldine Farage qui revendique un côté geek en montrant la housse de son smartphone : une Game Boy.

■ Une aventure qui débute « hors les murs »

L'aménagement intérieur du Shadok est prévu en avril 2014 mais Géraldine Farage ne connaît pas la date d'entrée dans son bureau. Alors pour l'instant, la responsable travaille « hors les murs » comme ce sera le cas pour le Shadok lors de la saison 2014-2015. « C'est positif. Le lieu est basé sur une dynamique de collaboration. Nous l'avons déjà. ça pousse les acteurs à se rencontrer. »