Strasbourg: Le ras-le-bol des urgentistes

Charlotte Staub

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Aux urgences, on dénonce la mauvaise gestion des lits.
Aux urgences, on dénonce la mauvaise gestion des lits. — G. Varela / 20 Minutes

Dénoncer les problèmes d'organisation dans les services, pointer du doigt la pénibilité de leur travail, les médecins urgentistes tirent la sonnette d'alarme. Depuis ce matin, un mouvement contestataire est lancé dans tous les services d'urgences des hôpitaux publics de France.

Une absence de lits d'aval. « Notre travail n'est pas de chercher des lits pour les patients. Notre travail, c'est de les soigner ! », tonne Syamak Agha Babaei, médecin urgentiste aux hôpitaux universitaires de Strasbourg. « J'ai déjà vu des patients rester 72 heures sur un brancard. Il y a un véritable problème de gestion des lits », poursuit-il. L'Association des médecins urgentistes de France (AMUF) emploie même le terme de « maltraitance institutionnelle ». Elle demande au ministère de la Santé, aux Agences régionales de santé et aux directions des hôpitaux de « sortir de leur autisme qui a caractérisé leur attitude pendant 30 ans » pour mettre en place un outil de gestion des lits d'aval.

Un travail pénible. Face au nombre de postes vacants (lire encadré), Syamak Agha Babaei s'alarme : « Lorsqu'on sait qu'en 4 ans, 80 % du personnel se renouvelle chez les infirmiers urgentistes et qu'en 4 mois, quatre praticiens sont partis à Strasbourg, il faut se poser des questions. » Les urgentistes exigent la reconnaissance de la pénibilité de leur travail. « Si nous avons choisi le service public, c'est que nous avons la foi. Mais le personnel ressent de plus en plus la pression et part vers le privé où les conditions sont meilleures et le travail mieux rémunéré », explique le praticien.

Pas de changement aux urgences ce mardi. Pas de panique si vous allez aux urgences aujourd'hui : vous serez pris en charge. « Lorsqu'un patient se présentera aux urgences, nous ne décrocherons plus le téléphone pour lui chercher un lit auprès des différents services. Ce sera simplement à la direction de l'hôpital de le faire » , indique le Dr Agha Babaei. « Les patients accueillis aux urgences ne sont pas seulement les patients des urgences mais de tout l'hôpital », insiste l'AMUF 67.

 

■ 11 postes vacants

A Strasbourg, 11 postes de médecins urgentistes manquent à l'appel. A l'échelle nationale, on en compte 300. La faute à des conditions de travail pénibles, selon les associations de médecins.