Tomi Ungerer, 75 bougies à l'affiche

©2006 20 minutes

— 

 
  — no credit

« En Alsace, j'ai le sentiment que je suis aimé dans mon pays », confiait hier matin Tomi Ungerer à la veille de ses 75 ans. Un anniversaire que l'artiste strasbourgeois, plus connu en Allemagne et au Japon qu'en France, fête aujourd'hui dans l'intimité en Forêt-Noire. Hier, des proches l'ont retrouvé à la onzième Foire européenne d'art contemporain St-art, où un stand lui était dédié. « Après avoir été malade pendant quatre ans, c'est pour moi un nouveau départ. Je dois finir mon autobiographie, notamment sur ma période américaine et irlandaise. »

Car en dépit de trois infarctus en deux ans, Tomi Ungerer n'a jamais cessé de créer. Ses dessins satiriques ou érotiques et ses affiches publicitaires ou militantes sont accrochés dans les musées aux Etats-Unis et en Europe, et ses livres pour enfants sont sur de nombreuses tables de nuit. Publié en 1961, Trois Brigands (Die drei Raueber) sera d'ailleurs bientôt adapté en long métrage d'animation. « Je prépare aussi un livre dont le héros est un enfant noir qui arrive dans un quartier blanc », ajoute t-il. Tendre, Tomi Ungerer ne manque pas non plus de causticité. Dans cette veine, il prépare un ouvrage de dessins et de collages sur les cathédrales de Strasbourg qui s'annonce peu académique. Une façon pour l'artiste de bousculer un peu les Alsaciens qu'il aime, mais dont il reproche l'« escargotisme ». Tomi Ungerer vient également d'achever des toilettes publiques à Plochingen près de Stuttgart, représentant une provocante paire de fesses dodues en fibre de verre, éclairées de l'intérieur par une lumière rose. « C'est le plus grand derrière du monde, déclare à ce sujet l'artiste. Ce qui serait bien un jour, c'est qu'un bordel porte mon nom. »

Ludovic Meignin

Tomi Ungerer a fait don aux musées de Strasbourg de 8 000 dessins et affiches. A l'automne prochain, un centre de l'illustration Tomi Ungerer réunissant notamment une collection de 6 500 jouets rares doit être inauguré.