Vive le sport sur ordonnance !

Alexia Ighirri
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La pratique sportive sur ordonnance profite à 350 patients (iIllustration).
La pratique sportive sur ordonnance profite à 350 patients (iIllustration). — Superstock/Sipa


Prescrire du sport à la place ou en complément de médicaments. Voilà l'expérimentation lancée à Strasbourg en novembre 2012, sous l'appellation « Sport-santé sur ordonnance », qui vise à favoriser la pratique (gratuite) d'une activité physique, prescrite donc par les médecins, adaptée aux malades cardiovasculaires et métaboliques. Dix mois plus tard, la ville de Strasbourg, soutenue par les ministères de la Santé et du Sport, a décidé de prolonger ce dispositif.

Il faut dire que le sport sur ordonnance fait des adeptes : 350 personnes bénéficient de ce dispositif, pouvant être actuellement prescrit par 120 médecins. « Chaque mois arrivent entre 30 et 50 nouveaux patients », détaille Alexandre Feltz, conseiller municipal strasbourgeois délégué à la santé. Leurs ordonnances sous le bras, les patients prennent contact avec un éducateur sportif de la ville qui les oriente alors vers les activités physiques.



Moins de médicaments



Gymnastique, marche nordique, yoga… Dhaouya, 67 ans, habitante du Neudorf, fait désormais cinq à six heures de sport par semaine, contre « pas grand-chose » auparavant. « J'en avais vraiment besoin. J'ai donc sauté sur l'occasion, raconte-t-elle. ça m'apporte beaucoup : je suis moins anxieuse, je me sens bien. » 

Pour une partie des bénéficiaires, le sport sur ordonnance leur a permis de diminuer le nombre de prises de médicaments. « Je suis passée de 5 à 3 médicaments par jour, se réjouit Rania, 55 ans, de Lingolsheim, souffrant d'hypertension artérielle sévère. Mais surtout, j'ai gagné en souffle. Et je suis maintenant autonome en vélo, alors que je ne savais même pas en faire il y a quelques mois ! ».

■ Ouverture à de nouvelles pathologies

Le dispositif « Sport-santé sur ordonnance » va évoluer. Il sera ouvert aux patients atteints du cancer du sein ou du côlon en phase de rémission, le sport permettant de réduire de 30 à 50 % le risque de récidive. Des moyens supplémentaires seront aussi mis en place pour un meilleur accueil et suivi des patients. Enfin, une carte « Sport-santé » sera créée pour permettre  aux bénéficiaires d'assister à des matchs à des conditions privilégiées.