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Strasbourg

Bilinguisme sans langue de bois

A l'appel du collectif Alsace bilingue, quelque 350 personnes, adultes et enfants, se sont réunies, samedi après-midi, place Kléber

A l'appel du collectif Alsace bilingue, quelque 350 personnes, adultes et enfants, se sont réunies, samedi après-midi, place Kléber. A grand renfort de ballons, de lampions et de chansons, ils entendaient dénoncer le projet de convention sur l'apprentissage des langues à l'école rédigé par le recteur pour la période 2007-2013 (lire édition du 15 novembre). « D'après ce que nous savons, cette convention est en retrait par rapport à celle de 2000-2006, explique François Schaffner, président de l'association Culture et bilinguisme. Elle ne contient aucun plan précis de développement du bilinguisme. Ailleurs en France, ils sont mieux lotis que nous, déplore-t-il. En Alsace, on ne nous propose que du baratin. » Un manque de clarté inacceptable selon les manifestants qui demandent notamment « que chaque enfant puisse être inscrit dans une classe bilingue », précise François Maiké, président de l'association de parents d'élèves Eltern 68.

« Malheureusement, le rectorat traite cela de façon annexe, note le député (PS) Armand Jung. Il a une démarche archaïque de la fonction des langues. » Une politique en contradiction avec l'intérêt d'un enseignement croisé du français et de l'allemand dans la région alors que « parler deux langues rend, entre autres, la recherche d'un travail plus facile », explique Marc Teychenné, conseiller municipal UDF d'Eckbolsheim. Un atout économique d'autant plus important, selon François Maiké, « qu'en cinq ans, nous venons de perdre près de 10 000 places de frontaliers ». Malgré un bref affrontement verbal entre militants d'extrême-droite et d'extrême-gauche, ce rassemblement s'est voulu festif et bon enfant.

P. W.

En Alsace, 7 % des enfants bénéficient d'un enseignement bilingue, selon François Schaffner. Un chiffre en dessous des espérances des manifestants qui ont réclamé plus de moyens et de professeurs formés.