Sainte-Odile : verdict en demi-teinte

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Six prévenus relaxés au pénal, deux entreprises condamnées au civil. Bien que déçues par la décision du tribunal correctionnel de Colmar, hier, de relaxer les six prévenus poursuivis dans le crash il y a quatorze ans d'un Airbus A320 sur le Mont Sainte-Odile, les parties civiles ont toutefois accueilli avec « un immense soulagement » la condamnation civile d'Airbus et d'Air France. Le tribunal, après deux mois d'audience, a donc estimé qu'aucun des prévenus n'avait commis de faute caractérisée dans l'exercice de ses fonctions, c'est-à-dire d'erreur grossière ayant pu concourir au crash. C'est la mauvaise ergonomie du cockpit de l'avion – conçu par l'ingénieur Bernard Ziegler, qui est sorti furieux de la salle d'audience en répétant « cet avion est parfait » – qui vaut à Airbus cette condamnation. Air France est condamné de son côté pour ne pas avoir acheminé en toute sécurité ses passagers.

« La justice a reconnu que ce n'est pas la fatalité qui a causé cet accident », s'est félicité Alvaro Rendon, le président d'Echo, l'association des familles des victimes du crash, qui s'est déclaré soulagé que les quatre-vingt sept victimes de l'accident « ne soient pas mortes pour rien ». « Que des prévenus aient échappé à la sanction me paraît dérisoire », a ajouté l'un des avocats d'Echo, Me Hervé Thémine, contredit par certaines parties civiles. Claude Perrin, qui a perdu sa soeur et son père dans le crash a ainsi déploré que « derrière tout ça, il n'y ait pas d'homme responsable ». Amer, il s'interroge : « Cet accident s'est donc fait tout seul ? »

Jeanne Mahé

Seul le parquet, qui avait demandé la condamnation de quatre des prévenus, peut faire appel au plan pénal des six relaxes. Airbus, Air France et les parties civiles peuvent faire appel seulement au civil.