Mouvement de grogne au cinéma

©2006 20 minutes

— 

« A l'UGC Ciné Cité de Strasbourg, c'est le management de la peur », dénonce l'un des agents d'accueil de l'établissement, en grève depuis vendredi dernier. « On ne peut plus discuter avec la direction, qui fait preuve à notre égard d'un mépris total », renchérit Yvonne, caissière dans le groupe UGC depuis trente ans. Bref, le torchon brûle entre une partie du personnel et la direction du complexe cinématographique, véritable paquebot de vingt-deux salles ancré entre la route du Rhin et le bassin d'Austerlitz. Sa fréquentation de 1,6 million d'entrées par an en fait le deuxième multiplexe cinéma de province.

Un succès dont le revers de la médaille serait la dégradation des conditions de travail : « Il y a eu, sur les trois dernières années, 20 % de hausse de la fréquentation, d'où une augmentation de la charge de travail, indique Xavier Borja, délégué du personnel. Plus globalement, il existe des différences de traitement entre les agents et un manque de brassage ethnique au sein du personnel. » Des arguments que le directeur de l'UGC Ciné Cité, Francis Cazau, réfute : « Sept personnes sur les dix qui assurent l'encadrement de terrain ont bénéficié d'une promotion interne. En tant que responsable d'entreprise, je mets les bonnes personnes aux bons endroits, en mon âme et conscience, l'ancienneté n'étant pas le critère déterminant. » Francis Cazau affirme en outre que cette organisation du travail est liée à une nécessité économique : « C'est vrai qu'il y un virage à prendre. Il faut que le cinéma devienne une destination loisirs. Aujourd'hui, je n'ai donc pas besoin de simples caissiers, mais de personnes qui fidélisent la clientèle. »

Ludovic Meignin

Les grévistes, dont le mouvement a entraîné une baisse d'au moins 15 % de fréquentation de l'UGC, devaient suspendre hier soir leur mouvement d'ici à une réunion mi-novembre avec leur direction nationale.