Strasbourg

Avoir faim, une histoire de gène

On n'en est encore qu'au stade de la recherche fondamentale, mais les traitements destinés à lutter contre l'obésité, entre autres pathologies, pourraient en profiter. Après deux ans de travaux communs, menés en collaboration avec l'université de Fri...

On n'en est encore qu'au stade de la recherche fondamentale, mais les traitements destinés à lutter contre l'obésité, entre autres pathologies, pourraient en profiter. Après deux ans de travaux communs, menés en collaboration avec l'université de Fribourg (Suisse), l'institut des neurosciences cellulaires et intégratives du CNRS, situé à Strasbourg, vient de mettre en évidence l'importance du gène Per 2 (pour période -2) dans la régulation de la sensation de faim. « En menant l'expérience sur des souris mutantes, auxquelles nous avions préalablement retiré ce gène, nous avons découvert qu'elles devenaient incapables de prévoir ou d'anticiper les heures de repas », explique Etienne Challet, responsable du laboratoire des neurobiologies des rythmes, qui a dirigé l'étude côté strasbourgeois.

En clair, une souris normalement constituée et habituée à un rythme alimentaire régulier prépare naturellement son organisme à une prise d'aliments environ dix minutes avant l'heure du repas. Dépourvue du gène Per 2, elle ne souffre pas de la sensation de faim et ne réagit que lorsque la nourriture lui est présentée sous les yeux. « Ce gène fait donc office d'horloge interne, explique Etienne Challet. Si on arrivait à localiser précisément où son activité se joue dans le cerveau, on pourrait aussi comprendre certains dysfonctionnements alimentaires. » Comme quoi, avoir faim, c'est aussi effectivement « dans la tête ».

J. Barbier

L'institut des neurosciences cellulaires et intégratives est installé sur le site de l'université Louis Pasteur, qui en assure le fonctionnement, avec le CNRS