Un répit de saison pour Daniel Tahibi

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Daniel Tahibi, son épouse et leur fils de 4 ans passeront l'hiver chez eux, au 22 de la route du Rhin. Vendredi dernier, la cour d'appel de Colmar a pourtant ordonné l'expulsion de leur domicile, loué à la CUS depuis une dizaine d'années. Invoquant un projet d'implantation du nouveau centre socioculturel du Ballon, juste à côté de leur terrain, la ville réclame en effet leur départ depuis 2002. Dans la foulée du jugement, les services municipaux sollicitent au préfet l'assistance de la force publique pour expulser les locataires. La préfecture s'empare du dossier tout en prévenant que l'évacuation n'interviendra pas avant la trêve hivernale des expulsions, fixée au 1er novembre. Un soulagement pour Daniel Tahibi, qui ne veut cependant pas en rester là. « Le juge nous donne tort, invoquant notamment l'absence d'une pièce déterminante, qui avait été pourtant bien jointe au dossier par mon avocat. »

Explication : pour obtenir l'expulsion du locataire, la ville fait valoir des travaux illégaux réalisés à son domicile en 2001. Faux, rétorque Daniel Tahibi : « La ville était au courant et a approuvé ces travaux, puisqu'elle en a elle-même financé une partie », explique-t-il, brandissant la facture de l'installation d'une chaudière réglée par la CUS. Aujourd'hui, Daniel Tahibi, qui compte bien se pourvoir en cassation, ne s'explique pas comment le juge à pu constater l'absence de cette facture pour motiver sa décision, « alors même que le greffe du tribunal vient de la restituer à mon avocat ». Et il enfonce le clou : « Depuis plusieurs années, la ville raconte qu'elle veut mon départ pour réaliser le centre socioculturel. Or, la délibération municipale du 8 juillet 2002, qui détermine la zone prévue pour l'accueillir, mentionne bien des terrains mitoyens au mien, mais n'inclut même pas mon logement », explique Daniel Tahibi, dénonçant « un acharnement pour me faire partir ».

Jonathan Barbier