Un licenciement conduit la CTS à la barre

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Le 30 juillet 2005, Jamel Rouchdi, conducteur-receveur à la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), récupère au restaurant d'entreprise une bouteille d'eau avant sa prise de service « comme il en a le droit en période de canicule », indique son avocat Me Raphaël Nisand. C'est alors que Jamel Rouchdi a une altercation verbale avec un cuisinier, à la suite, semble-t-il, d'un malentendu concernant le paiement de ladite bouteille. Présente sur les lieux, une cadre de la CTS – qui a depuis quitté l'entreprise – aurait alors tenu des propos discrimatoires à l'égard de Jamel Rouchdi. Me Nisand estime que le fait que son client n'ait pas toléré les propos dont il affirme avoir été victime, a joué contre lui. La CTS aurait ainsi pris comme prétexte l'incident avec le cuisinier pour le licencier, après de nombreux rebondissements dont un blâme. L'avocat a donc saisi les Prud'hommes pour demander, notamment, l'annulation du licenciement « pour motif discriminatoire » et la réintégration de Jamel Rouchdi. L'audience de conciliation doit se dérouler le 20 novembre à Strasbourg. Me Nisand précise également avoir déposé, le 2 octobre dernier, « une plainte pénale pour licenciement discriminatoire ».

Me Bernard Alexandre, l'avocat de la CTS, indique pour sa part que l'entreprise de transport « ne tolère en aucune façon de quelconques propos ou actes racistes, qui sont sanctionnés lorsqu'elle en connaît les auteurs. Le fait est que M. Rouchdi a contesté le blâme dont il a fait l'objet, puis son licenciement le 22 août 2006, suite à un conseil de discipline paritaire [moitié de représentants des salariés et de la direction] qui a considéré qu'il y avait eu faute ».

Ludovic Meignin

L'enquête préliminaire du parquet de Strasbourg, ouverte à la suite de la plainte pénale déposée par Me Nisand, devrait prendre plusieurs mois. La Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) est saisie.