Le blues des auxiliaires du Parlement

©2006 20 minutes

— 

Une trentaine de membres du personnel auxiliaire du Parlement européen (PE) se sont rassemblés, hier midi, en musique, devant le bâtiment Louise-Weiss. « Nous aurions dû être plus nombreux, mais certains chefs ont exercé des pressions sur nos collègues pour qu'ils ne manifestent pas », lâche l'un d'eux. Objet de la colère des présents : le changement de statut que leur réserve l'institution. « Notre position était précaire, ce sera pire », explique Christiane Roth déléguée du personnel auxiliaire. Au PE, cette catégorie représente entre 250 et 300 Strasbourgeois, qui exercent des fonctions de service, comme huissier d'étage, déménageur ou puéricultrice. « On travaille quelques jours par mois [le temps d'une session], sans congés payés ni sécurité sociale, mais nos contrats sont toujours reconduits, car notre relation avec le Parlement est fondée sur la confiance », explique Christiane Roth. Dans le cadre de sa réforme de la fonction publique européenne, le PE confiera dès le 1er janvier 2007 la gestion des auxiliaires à une société d'intérim. Pour les intéressés, rien n'assure désormais que leurs contrats seront renouvelés. « Une garantie de recrutement prioritaire des auxiliaires actuels est prévue pour l'année prochaine », objecte Barry Wilson, directeur général du personnel, ajoutant que « leurs salaires seront augmentés, et ils bénéficieront dorénavant des protections prévues en droit français ». Réponse des auxiliaires : « On aurait préféré bénéficier de ces avantages dans le cadre d'un contrat avec le PE. »

J. B.

Les auxiliaires ont fait signer des pétitions de soutien aux visiteurs, aux parlementaires et autres catégories de personnel. Ils envisagent aujourd'hui de débrayer durant leur service.