Benabdellah Soufari : «Pour des imams formés en France»

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Benabdellah Soufari, président du Conseil régional du culte musulman (CRCM).

Comment s'est déroulé ce ramadan en Alsace ?

Dans un esprit de sérénité, comme d'habitude, marqué par l'expression d'une grande générosité vis-à-vis des pauvres et des démunis de la région.

L'annonce du lancement des travaux de la grande mosquée de Strasbourg a été faite juste avant le début du ramadan. C'est une satisfaction ?

J'aimerai bien dire « ouf », parce que c'est un projet vieux de dix ans qui se concrétise enfin. Mais quelque chose me chagrine : la gestion du projet a été confiée à une société civile immobilière [la SCI Grande mosquée de Strasbourg]. En tant que bien commun, on peut se demander pourquoi ce n'est pas une association qui en a la charge.

Vous vous êtes exprimé en faveur de la création d'un institut de théologie musulmane à Strasbourg, pourquoi ?

C'est un projet d'importance que nous comptons relancer. Nous militons pour une formation des imams qui soit assurée en France, intégrant ainsi une connaissance générale de l'environnement. Cet institut participerait à la lutte contre les préjugés. Etre transparent, c'est en totale adéquation avec notre foi.

Quels sont les autres chantiers du CRCM ?

Il y en a plusieurs, comme celui de favoriser le dialogue interreligieux. Nous souhaitons également ouvrir des permanences, équipées d'Internet, dans les lieux de culte, afin de répondre à toutes les questions que les gens se posent sur l'islam. Enfin, nous travaillons à créer une sorte de label pour les agences de voyage afin d'améliorer la qualité des séjours organisés lors des pèlerinages à La Mecque.

Recueilli par Jonathan Barbier

Benabdellah Soufari, 35 ans, proche de la Grande mosquée de Paris, a été élu à la tête du CRCM le 18 février 2006. Il exerce ses fonctions depuis mai, succédant à Mohammed Latahy.